25 octobre 2012

 

Mort du Roi Père Norodom Sihanouk

  Tous les articles sont empruntés à LePetitJournal.com

Norodom Sihanouk est mort ce matin lundi 15 octobre à l’âge de 89 ans à Pékin, où il se rendait régulièrement pour y suivre des traitements médicaux. L’AFP rapporte l’information donnée par l’agence Chine Nouvelle. Suite à cette nouvelle, nous reproduisons un portrait publié sur LePetitJournal.com il y a quelques années, à l’occasion des 85 ans de l'ancien souverain.
Le Cambodge devait fêter dans quelques jours les 90 ans du Roi.
(photo AFP)

De Gaulle, Mao, Nehru... il aura connu les plus grands noms de l’Histoire. Son histoire personnelle, elle, aura été aussi tourmentée que celle de son Royaume. Aux yeux du monde et ceux de son peuple, le Roi Norodom Sihanouk, dont on vient d’apprendre la disparition, aura incarné le Cambodge pour plus d’un demi siècle.

Roi, Prince premier Ministre, déposé et exilé, leader de la résistance, il retrouve finalement son trône après plus de 20 ans de lutte qui ont considérablement affaibli son Royaume. Depuis son abdication en 2002, le Roi Père, qui se dit "malade et affaibli " n’occupe plus autant le devant de la scène, mais n’a pas perdu le soutien de ses sujets qui continuent d’arborer son portrait tant sur la voie publique que dans l’intimité de leur maison.
Le Prince flamboyant
Norodom Sihanouk est né à Phnom Penh en 1922. Fils du Prince Norodom Suramarit et de la Princesse Sisowath Kossamak, il fut désigné en 1940 par la puissance coloniale pour succéder à son grand père le Roi Sisowath Monivong sur le trône. Les autorités françaises ont-elles choisi le jeune Prince pour sa malléabilité supposée ? Ce calcul se révéla en tout cas faux, le Roi allait bientôt prendre la tête du mouvement nationaliste, et obtenir, suite à sa "Croisade Royale "l’indépendance en 1953. Ce sens politique le Roi allait encore le démontrer en cédant le Trône à son Père, à la tête de son "Sangkum Reastr Niyum ", il révolutionne le Cambodge, une époque encore évoquée avec nostalgie par la plupart des cambodgiens. Le Royaume enfin s’anime, se développe et devient un modèle pour les autres nations. La paix maintenue par la politique de neutralité de "Monseigneur Papa ", c’est tout un peuple qui respire alors que ses voisins succombent aux affres de la guerre civile.
Le Prince tourmenté
Lorsqu’un groupe de politiciens et de militaires, dont son cousin le Prince Sirik Matak, le renversent en 1970, le Prince, de son exil, choisit de poursuivre la lutte, et s’allie avec ses ennemis de toujours, les Khmers Rouges. Une telle décision amènera ensuite le Prince à devenir le chef  "nominatif "du régime Khmer Rouge lorsque ceux ci, en 1975, mettent fin à la Républicaine "américaine ". Prisonnier en son Palais, alors que plusieurs de ses proches sont assassinés, le Prince doit son salut qu’à la guerre larvée que se livrent Khmers Rouges et communistes vietnamiens. Lorsqu’en 1979 le Vietnam envahit le Cambodge, le Prince retrouve la liberté mais aussi l’exil. Ne renonçant pas à  "l’indépendance du Cambodge ", le Prince reprends le combat et rallie les maquis, y retrouvant les tortionnaires Khmers Rouges, et les anciens responsables républicains, un compromis nationaliste face à l’occupation vietnamienne.
Le Roi restauré
10 ans de lutte, et de coups bas, avant que le Vietnam, bientôt lâché par son allié soviétique, et épuisé par la guérilla que mène la résistance, ne renonce à son rêve d’unification de la péninsule indochinoise. Les accords de Paris de 1991 mettent fin à 20 ans de guerre civile, même si les Khmers Rouges continuent leur combat jusqu’en 1999. Le Roi Sihanouk retrouve son trône en 1993 et le Cambodge connaît ses premiers débuts démocratiques.
A travers trente ans de guerre, de coups, et même lors du régime du Kampuchéa Démocratique, le Roi Sihanouk est resté la seule figure de référence et de permanence pour son peuple. De plus en plus las devant l’amoralisme d’une société cambodgienne en reconstruction, le Souverain abdique en 2004 au profit de son fils le Prince Norodom Sihamoni. En prenant les devant, et en organisant lui même sa succession, le Roi Père aura ainsi rendu un dernier service à son pays, le maintien de la monarchie, une des plus anciennes au monde, garante de l’indépendance et de l’identité cambodgienne. Plus que jamais, il reste le Père d’une nation qui le célèbre aujourd’hui.

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C’est dans la torpeur de Pchum Ben, la Fête des Morts, que les Cambodgiens ont appris hier la nouvelle du décès à 89 ans du roi-père, Norodom Sihanouk, intervenue à 1h20 du matin lundi en Chine. Figure tutélaire du royaume, Norodom Sihanouk avait marqué de son empreinte l’histoire du Cambodge au XXe siècle, l’indépendance, le non-alignement, la guerre civile suivie du retour à la paix dans les années 90. Hier, les drapeaux ont été mis en berne dans le pays, tandis que son fils, le monarque en exercice Norodom Sihamoni, s’envolait en compagnie du chef du gouvernement Hun Sen pour Pékin en milieu de journée. L’arrivée de la dépouille du roi-père dans la capitale cambodgienne est prévue normalement pour demain.
''C’est une grande disparition pour le Cambodge, expliquait hier Pen Bona, rédacteur en chef du site internet d’information Thmey Thmey. En tant qu’homme politique et en tant que roi, Sihanouk était de très loin la personnalité la plus populaire du pays. On peut même dire que celle-ci était sans équivalent.'' En écho à ses paroles, les passants interrogés hier à Phnom Penh faisaient part de leurs réactions de tristesse. ''J’aimais Sihanouk, il avait fait du bon travail. J’ai vu à la télévision les réalisations du Sangkum (le mouvement créé par Norodom Sihanouk, et par extension la période où il gouverna avant-guerre). A l’époque, il y avait des écarts entre les riches et les pauvres, mais bien moindres qu’aujourd’hui'', expliquait ainsi hier Seat, 32 ans, sur les quais de la ville. ''Le Cambodge était alors une oasis de paix, où le peuple était heureux et mangeait à sa fin'', a déclaré la princesse Arayvaddy, conseillère auprès du cabinet royal, évoquant la mémoire d’''un grand dirigeant, un grand roi et un grand nationaliste'' et s’associant au ''deuil de toute la nation cambodgienne''.
Prince d’ombres et de lumières
Rétrospectivement, les années 50 et 60 forment l’assise de la place privilégiée qu’occupe Norodom Sihanouk dans la mémoire collective. Hier défilaient ainsi sur les réseaux sociaux de nombreuses images noir et blanc de celui qui était alors le prince Sihanouk, suite à sa première abdication en 1955 au profit de son père, afin de pouvoir s’engager en politique. Le charisme et le charme jovial du jeune dirigeant resteront associés pour toujours au dynamisme de cette période post-indépendance. Un ''âge d’or'' encore appuyé en contraste par l’enfer qui a suivi, une image d’Épinal qui vient masquer les aspects beaucoup plus polémiques de cette longue carrière.
Parmi ceux-ci, la tentation autocratique permanente contre les opposants d’alors, et surtout l’alliance contractée avec les Khmers rouges lorsqu’il fut chassé du pouvoir en 1970, jusqu’à ce que ceux-ci le déposent après leur victoire. Après avoir présidé en exil la résistance contre l’occupation vietnamienne, avec les Khmers rouges et d’autres forces nationalistes, Norodom Sihanouk avait opéré un retour triomphal au Cambodge en 1993 pour réoccuper le trône vacant, beaucoup identifiant alors ce come-back à la paix retrouvée. Mais les prérogatives restreintes de la monarchie - ''qui règne mais ne gouverne pas'', selon la Constitution - l’empêchèrent de retrouver l’influence qui fut un temps la sienne dans le jeu complexe du pouvoir local.
''Sihanouk aurait bien voulu à son retour retrouver un autre rôle, davantage politique. Il m’avait dit un jour : je ne voulais pas spécialement être roi, mais les autres, eux, voulaient m’envoyer au ciel’''', confiait hier un observateur de la vie politique cambodgienne.  ''Finalement, il s’est résigné à défendre le périmètre de la monarchie.'' En 2004, le roi Sihanouk, affaibli et malade, avait abdiqué une seconde fois pour mieux contrôler sa succession et imposer au Conseil du trône son fils préféré, le danseur et ancien ambassadeur auprès de l’Unesco, Norodom Sihamoni. Considérant sa disparition prochaine, il affirmait avoir ainsi agi in fine en faveur de la pérennité de l’institution monarchique, et ce malgré les troubles sanglants du Cambodge de ces dernières décennies.
Samuel Bartholin (http://www.lepetitjournal.com/cambodge.html) Mardi 16 octobre 2012

 

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NORODOM SIHANOUK - Les condoléances de François Hollande

Dans un communiqué publié par l’Élysée, le Président français salue "la mémoire d'un grand homme qui incarna la destinée de son pays et de son peuple, dans les épreuves les plus terribles du XXème siècle et la construction de la paix où il trouva toujours la France à ses côtés".
"Je sais les liens forts et historiques qui unissaient sa Majesté le Roi-Père à la France et qui, grâce à lui, avaient contribué à rapprocher nos deux pays et nos deux peuples.
Artisan de l'indépendance du Cambodge, infatigable défenseur de son pays au sein de la communauté internationale, il était, pour beaucoup, le symbole d'une politique asiatique faite d'équilibre et de défense de la souveraineté des Nations", ajoute François Hollande.
Le Président a également rappelé le rôle de l'ancien roi du Cambodge dans le développement de la francophonie :
"Au lendemain du XIVème sommet de l'Organisation de la Francophonie, je n'oublie pas combien cette organisation lui doit. Il a été l'ardent défenseur de la culture francophone, de sa langue, de ses arts, et d'une vision multipolaire des relations internationales. (...) J'adresse, au nom du peuple français et en mon nom personnel, toutes mes condoléances à la famille royale et à l'ensemble du peuple cambodgien", conclut le chef d’État français, qui a adressé, lundi 15 octobre, ''des lettres de condoléances à Sa Majesté le Roi Norodom Sihamoni et à Sa Majesté la Reine-mère''.

Pierre Collet (http://www.lepetitjournal.com/cambodge.html) Mardi 16 octobre

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