10 mars 2009

 

Des nouvelles de notre bonze

Taing, le bonze que nous soutenons de temps à autre, lorsqu'l en a besoin, nous a demandé de l'aider à partir terminer sa formation de saint homme en Inde. Il avait besoin de 300 € pour ce faire et nous avons accepté.
En fait, cette somme sert à la pré-formation qui a lieu à Battambang et qui dure trois ans, c'est donc très bon marché. Le voyage en Inde, c'est ensuite et c'est pris en charge par la Sangha (lire : le clergé bouddhiste).
Il est donc heureux, si tant est que "bonheur" soit un terme qui convienne à un religieux, disons qu'il vous remercie tous et dit des prières -chantantes- pour vous.
Ce qui est plus embêtant, c'est qu'il ne va pas très bien ces temps ci. Tachycardie, asthénie, insomnie, etc. ce sont les mêmes symptômes qu'il y a quelques années, malaises, mal être que la vie monacale avait guéris. Espérons que ces troubles ne sont que passagers. Peut-être le stress d'un nouveau challenge.
Au passage on notera combien une assurance santé est primordiale. Pour les bonzes comme les autres.
Il fut un temps où les bonzes ne payaient pas les transports, les soins, la nourriture, la robe, etc. De nos jours où tout est cher, certaines compagnies de bus et les médecins ne peuvent plus se permettre d'offrir cela même en échange de mérites en vue de la prochaine vie.

La nourriture et la robe sont toujours assurées par les donations des fidèles. Par ailleurs, de nombreux bonzes sont soutenus par leur propre famille ou des croyants de la paroisse. Dans le cas de notre bonze dont la famille est misérable, c'est nous qui le prenons en charge.
Merci encore.

06 mars 2009

 

Journée de la femme... au Cambodge aussi

Avec beaucoup de pudeur, un peu d’amusement, les enfants du boom démographique des années 80 ont accepté de dévoiler leurs parcours, leurs quotidiens et leurs aspirations au Petit Journal. Les témoignages de ces jeunes de 20 ans vous sont proposés sur plusieurs volets. Ils illustrent les difficultés mais surtout le courage d’une génération qui s’apprête à porter le Cambodge de demain. Aujourd'hui, Le prince charmant sera riche.

(Source Photo Asian View Report)
Entre amis au restaurant, le débat tourne autour d’une question lancée par l’un des jeunes : Qui choisiriez-vous entre un homme qui n’a pas beaucoup d’argent mais qui est éperdument amoureux de vous et un autre, riche, qui s’accommoderait bien de votre présence ? Le sujet est débattu très sérieusement. Après une discussion houleuse, le verdict tombe : 3 filles sur 4 préféreront s’assurer une bonne situation matérielle, aux sentiments inconditionnels d’un amoureux transi. Les deux hommes se désolent. Où est donc passé le romantisme des jeunes filles rêveuses ? L’amour a-t-il un prix ?

Les femmes, un privilège réservé aux riches ?
La question est loin d’être anodine. L’un des jeunes me révèle plus tard que sa petite amie l’a laissé tomber parce que son avenir n’était pas assez prometteur. Toutes ses sœurs avaient été mariées à de riches expatriés. Pas de place pour un petit travailleur social au futur incertain. « Tant qu’elles sont jeunes, les filles passent d’un partenaire à l’autre sans trop se soucier du lendemain. Mais lorsqu’elles commencent à travailler, elles commencent à penser à leur avenir, à s’assurer une bonne situation. Elles commencent à penser à l’argent. Pour de nombreuses filles, l’argent est un critère déterminant dans le choix du futur époux. Certaines vont même jusqu’à se marier avec des hommes bien plus vieux qu’elles, uniquement pour leur argent. » Un avis très répandu au sein de la gente masculine.
« Les riches ont beaucoup de femmes » confie Sothea avec le sourire. Lorsque je lui demande s’il a déjà eu beaucoup de relations amoureuses, Ta 25 ans, baisse le regard : « Des filles, je n’en a jamais connu mais mes amis, oui, beaucoup. C’est quand même plus facile quand on a de l’argent. » Parmi ses amis moto-dop, en formation professionnelle, tous entre 15 et 22 ans, la majorité paient pour avoir des relations sexuelles et collectionnent les partenaires.

(Source Photo Asian View Report)
Une transition en cours

Rencontrer des filles aujourd’hui, rien de plus facile. « Souvent les jeunes se passent les numéros de téléphone portable de leurs amis respectifs. Il suffit de téléphoner à une fille qu’on ne connaît pas, lui donner rendez-vous à un endroit et une heure précise, en n’oubliant pas de lui préciser comment on est habillé ou lui donner un signe distinctif » affirme Seth 21 ans. Lieux de prédilection pour les rencontres : le Spark, une boîte de nuit en vogue sur Mao Tsé Toung. Et quoi de plus romantique que d’emmener l’heureuse élue dans les paillotes des restaurants au bord du Tonlé Sap, pour apprendre à se connaître, vue sur le fleuve.
Les temps changent. Il y a quelques temps encore la majorité d’entre eux se seraient mariés sans se connaître. Mais la transition est loin d’être terminée. L’avis de la famille reste prépondérant dans le choix du futur époux. Les mariages forcés sont encore bien présents dans les mentalités, et souvent consentis par la jeune génération. « Il est difficile de vraiment connaître quelqu’un avant le mariage, c’est seulement après que l’on peut passer du temps ensemble et découvrir l’autre » explique Ta qui ne verrait aucun inconvénient à se marier à une inconnue.
L’avis des parents est d’autant plus déterminant pour les filles, qui n’envisagent pas vraiment d’aller à l’encontre de l’avis familial. Mais l’ombre du prince charmant n’a pas complètement disparu des rêves des jeunes de 20 ans. Celui de Somun sera gentil, élégant, fidèle et riche. Il lui donnera 2 garçons et 1 fille. Il plaira à sa mère mais surtout il la sortira de l’usine où elle travaille depuis ses 15 ans.

Marivaudage
Une récente étude menée par Tong Soprach démontre que 28.5% des hommes célibataires entre 15 et 24 ans ont déjà eu une expérience sexuelle contre 1% seulement des femmes du même âge. Si toutes les filles interrogées n’affichent pas fièrement le même palmarès que ces messieurs, c'est qu'elles seraient trop souvent retenues par la peur de l’abandon, car nombreux sont ceux qui partent après la première relation sexuelle.
Selon Ta,"la virginité avant le mariage, ça n'est pas primordial, mais si la fille est bien, elle est forcément vierge". Autrement dit, on ne marie pas une mahop-del-ker, littéralement: un plat auquel on a déjà goûté.
Une légende selon les accusés en question. Seth lève les yeux au ciel : « Les filles non plus ne se privent pas pour passer d’un amant à l’autre sans scrupules !». Pheak, 22 ans, raconte qu’il ne s’est jamais remis de sa dernière histoire. Les filles, il ne veut même plus en entendre parler, la dernière l’a anéanti.

Alors pendant que les filles attendent leur prince fidèle et fortuné, ces messieurs à la bourse légère se sentent incompris. Pour les jeunes cambodgiennes, le mariage est avant tout une nécessité, le romantisme, un luxe.

(1)Young People talking about Valentine's day in Phnom Penh in 2008 (a qualitative study), by Tong Soprach, MPH Independent Researcher, Phnom Penh, January 2009

Paul Thélès (LePetitJournal.com Cambodge) vendredi 6 mars 2009

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