26 février 2009

 

Afrik, jeune homme



Les dernières photos de Afrik, le fils de Mae Afrik (par définition) avaient été postées ici en novembre 2008 mais à la suite d'un problème technique, ce post a du être supprimé. C'est la raison pour laquelle, nous postons à nouveau des photos de Afrik. Prises en février 2009, celles là.
En fait, ce n'est pas la seule raison. L'autre raison c'est qu'en trois mois, il a encore changé. Il fait davantage jeune homme qu'adolescent maintenant et c'est la première fois qu'on le voit élégant. Il faut préciser que c'était jour de noces au village.

24 février 2009

 

Couverture médicale au Cambodge

Avant de vous laisser lire cet article de Cambodge Soir Hebdo (abonnez vous) qui présente l'assurance maladie au Cambodge, voici quelques lignes pour le mettre en perspective :
Le nombre de personnes bénéficiant de l'assurance ne représente que 3% de la population. Peu de provinces sont couvertes. Or, c'est fondamental pour que le Cambodge passe de pays misérable au statut de pays émergeant.
On l'a déjà dit ici, le Cambodge se développe vite et même si les salaires restent bas (50 à 100 €), une famille où un ou deux adultes travaillent s'en sort et peut assurer la scolarité de ses enfants. En revanche, restent trois cas de précarité : les femmes seules avec enfants, les personnes âgées et... les familles où l'un des membres a un pépin de santé. Le premier film de Rithy Panh [les gens de la rizière] décrivait ce phénomène : comment un tout petit pépin de santé devient rapidement un énorme noyau qui va étouffer tout le monde. Les cas de familles ayant perdu leur terre ou leur maison pour soigner quelqu'un sont très très nombreux.
Nous allons payer les cotisations de nos amis qui habitent à Phnom Penh et Takéo (Mae Afrik) -Merci c'est grâce à vous que ces personnes pourront dormir plus tranquilles ayant moins à redouter la maladie ou l'accident- . Nous étudierons aussi avec le GRET comment aider les habitants de notre village à Sre Ambel.
Il ne s'agit pas de dépenses superfétatoires mais plutôt un moyen de faire des économies et de préserver vos donations, en effet, si l'un de nos amis est souffrant, nous n'avons pas le cœur de lui refuser de payer les soins et cela peut couter cher. Pour l'instant, touchons du bois, nous n'avons pas eu à prendre en charge d'énormes dépenses mais c'est presque un miracle.

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1 € = 5000 riels
Le long de la piste défoncée, la poussière recouvre les maisons et les feuilles des arbres d’un manteau jaune. À une et demi de route au nord de Sisophon, dans la province de Banteay Meanchey, le centre de santé de Phkom. Une petite bâtisse de béton au toit rouge accueille les patients d’une dizaine de villages des alentours.
L’équipe médicale, composée de sept assistants médicaux et infirmières, a reçu 10 132 visites en 2008, soit une par personne et par an en moyenne.
Les soins, de la médecine générale, des sutures, des traitements pour les MST etc. vont jusqu’à l’accouchement, qui coûte 30 000 riels. Une simple consultation est facturée 1 000 riels.
Koeuy sort du centre de santé. Elle tient à la main un sac en plastique transparent, à l’intérieur, une feuille verte sur laquelle est agrafée une photo de sa famille. Il s’agit de sa carte d’assurée sociale. Pourtant, il n’existe pas de système de santé obligatoire au Cambodge, trop difficile à mettre en place. La grande majorité des emplois sont dans l’agriculture.
Comme 81 000 de ses compatriotes aujourd’hui, elle a souscrit un contrat auprès de l’une des cinq organisations qui propose de la microassurance. Fin 2007, ils n’étaient qu’un peu plus de 45 000.
Endettement des ménages
Ce matin, elle est venue consulter pour une toux persistante. Le médecin lui a prescrit un antibiotique, des pilules rouges et noires, qu’elle retire à la pharmacie du centre. Elle n’a rien payé.
Il y a trois ans, sa prime d’assurance s’élevait à une dizaine de dollars pour les cinq membres de sa famille. Depuis son gendre a été ajouté à la liste.
« Un jour, l’une de mes filles, enceinte a commencé à saigner vers 15 h. Nous sommes arrivés au centre de santé à 17 heures, mais comme c’était sérieux, ils l’ont emmenée à l’hôpital de district. Là-bas, à 20 heures, le médecin a décidé de la transférer à l’hôpital
de la province. À minuit, mon petit-fils est né par césarienne », témoigne la grand-mère. Le petit garçon a aujourd’hui 20 mois. Là encore, la famille n’a rien déboursé, à l’exception des 4 000 riels pour payer le motodop qui a transporté la future maman au centre de santé. Si elle n’avait pas été assurée, la mère et l’enfant n’auraient peut-être pas pu être sauvés.
Très souvent, les problèmes de santé sont à l’origine de l’endettement des ménages. Des paysans sont obligés de vendre tout ou partie de leurs terres pour payer les frais d’hospitalisation.
Ce qui les fait basculer inexorablement dans la grande pauvreté.
En moyenne, les assurés consultent quatre fois plus que les non-assurés.
Les autres continuent de fréquenter les médecins privés, pourtant plus chers.
Sky, le dispositif de microassurance mis en place par le GRET, est l’acronyme de « Sokapheap krousat yeun », qui signifie « la santé pour nos familles ». « Avec Sky, nous couvrons 90 % des pathologies les plus courantes, y compris les maladies préexistantes », rappelle Cédric Salze, représentant du GRET au Cambodge et responsable du programme .
Avec Sky, le GRET vise des populations dites fragiles, soit la classe moyenne rurale, laquelle représente environ 50 % de la population totale du pays. Les 30 % qui vivent en dessous du seuil de pauvreté n’ont pas les moyens de se payer ce type d’assurance.
Leurs dépenses de santé sont prises en charge par des « fonds d’équité », financés par l’argent de bailleurs étrangers, et maintenant du gouvernement. Ils seraient environ 500 000 dans le royaume à bénéficier de ces soins gratuits.
À côté du GRET, quatre autres organisations proposent de la microassurance, dans le cadre de cette initiative d’assurance maladie communautaire.
« Il ne s’agit pas d’une sécurité sociale, mais d’une assurance sociale de type privée. Elle n’a pas une vocation universelle, avec un organisme national. Chacun est libre d’y adhérer et tous les organismes travaillent avec les services de santé publique », précise Cédric Salze.
Salaire et commissions
Les particuliers sont démarchés par des agents d’assurance recrutés au sein même de la communauté, puis formés.
Ils ont un salaire et des commissions.
Selon les organismes, le paiement s’effectue en une fois ou peut être échelonné. Certains offrent même des remises, ou font des promotions.
Chez Sky par exemple, les tarifs démarrent à 4,25 dollars par personne et par an en province, jusqu’à 12 ou 13 dollars à Phnom Penh. « Ce que les assurés paient, couvre 100 % des frais médicaux et 15 % des frais de fonctionnement. Chaque année, cela va en s’améliorant, grâce à des économies d’échelle », explique le responsable du GRET. Le déficit d’exploitation est financé par GTZ, l(a coopération allemande) et l’Agence française de développement. Les coûts sont encore élevés, car il s’agit toujours de la phase de développement. Toutefois, l’équilibre pourrait être atteint dans cinq ans.
Chaque trimestre, les spécialistes de l’assurance maladie communautaire se rencontrent pour faire le point sur leur activité. Leur dernière réunion s’est tenue début février. À l’ordre du jour, la nomination d’un représentant de ce réseau d’opérateurs de microassurance, au sein du comité technique interministériel qui va être mis en place prochainement, en vue de faire des recommandations. Le gouvernement projette de mettre en place une structure dans le domaine de la protection sociale et déjà le secteur privé a entrepris son offensive de lobbying en faveur de l’assurance à la personne.
La tâche ne s’annonce guère facile, les moyens étant loin d’être égaux. Le GRET a été choisi pour siéger à cette commission technique.
« Dans les trois ans à venir, en ce qui concerne Sky, nous voudrions transférer l’activité à une entité locale et nous retirer », avance le responsable. Il prévoit aussi une consolidation du secteur de la microassurance, avec des alliances et des fusions, pour que le système perdure.
Alain Ney

• Cambodian health and human rights alliance (CHHRA), 3681 adhérents,
• Reproductive and child health alliance (Racha), 10 931
• Cambodian association for assistance to families and widows (CAAFW),
21 283 adhérents.
• Buddhists for health (BFH), 9217 adhérents
• Groupe de recherche et d’échanges technologiques (Gret), 36 000 adhérents.
Présentes dans sept provinces et dans la capitale, elles travaillent avec 80 centres
de santé et 12 hôpitaux.

20 février 2009

 

La fessée Khmère, sujet de réflexion pour collégiens français

Pour désigner les lettres, sur le tableau noir, le professeur saisit un long morceau de papier enroulé. Pas de baguette en bois : dans cette école primaire de Prasat Thnong, dans la campagne du district d’Angkor Chum (à une quarantaine de kilomètres de Siem Reap), tout ce qui pourrait être utilisé pour frapper a disparu. Ni coups, ni bâtons, ni injures. Cet établissement scolaire, adepte des méthodes douces d’apprentissage, se veut un modèle en la matière.
Pourtant, il y a quelques années, Sok Beuy avait la main leste dans sa classe.
« Avant, quand mes élèves faisaient des fautes, je les grondais sévèrement, et lorsque c’était grave, ou qu’ils bavardaient, je les frappais », reconnaît-il. Mais après avoir suivi une formation, dispensée par plusieurs ONG, il a définitivement abandonné ces pratiques.
Depuis trois ans, l’ONG Plan Cambodia intervient dans cette école, où elle met en place son programme « Child- Friendly Schools », ainsi que d’autres dispositifs visant à bannir la violence et les châtiments corporels des salles de classe. « Depuis, constate Sok Beuy, les relations avec les élèves se sont améliorées. Ils nous parlent plus facilement de leurs problèmes, sont plus prompts à se porter volontaires pour faire un exercice au tableau. Avant… c’était différent. Ils étaient tous très timides, parce qu’ils avaient peur que je les frappe en cas d’erreur. J’ai compris que lorsqu’ils se trompaient, il ne fallait pas s’énerver, mais leur donner la bonne réponse, ou leur demander de réfléchir, ou encore solliciter d’autres réponses dans la classe. »
Sok Kao, élève de sixième, confirme les dires de son professeur. L’air gêné, elle raconte que, plus jeunes, elle et ses camarades se voyaient infliger des coups de bâton sur les mains, ou parfois sur les fesses, lorsqu’ils échouaient à un exercice ou lorsqu’ils bavardaient. Aujourd’hui, les seules réprimandes sont orales : « Depuis que les profs n’ont plus de bâton, j’aime bien aller à l’école, ça ne me fait plus peur. »
Défiance et absentéisme
Dans son rapport annuel pour l’année 2008, Plan Cambodia affirme avoir formé 432 professeurs et 45 directeurs d’école, mettant près de 23 000 enfants à l’abri des violences dans leur établissement scolaire. À Siem Reap, quatre districts sont concernés : Angkor Chum, Banteay Srey, Srey Snorm et Angkor Thom. Selon différentes études, 20 à 30 % des professeurs feraient régulièrement usage de châtiments corporels comme méthode d’apprentissage. Les principales victimes sont les garçons. Ces violences commises à l’école pourraient expliquer en partie les redoublements fréquents, ainsi que le nombre élevé d’enfants abandonnant précocement leur scolarité : beaucoup préféreraient quitter l’école plutôt que de continuer à subir les violences de la part de leurs professeurs.
D’autres développeraient des problèmes de concentration et d’apprentissage.
Selon Seng Hong, conseiller d’éducation pour Plan Cambodia, le châtiment corporel peut aussi entraîner des retards dans le développement physique et mental des jeunes enfants.
« Les conséquences des mauvais traitements sont décelables tout de suite : si l’enfant a peur, il peut sécher l’école les jours suivants, ou bien décider de ne plus revenir en classe… Et lorsqu’il retourne à la maison, il peut très bien rester indifférent à tout ce que ses parents lui disent, dans l’hypothèse où ces derniers ne le frappent pas. »
Sur le sujet, les mentalités mettent du temps à évoluer : dans les dix provinces ciblées par l’ONG, la violence n’a reculé que de 5% depuis la mise en place des programmes. « C’est un travail de longue haleine, relève Seng Hong. Les bâtons sont très utilisés par les professeurs, surtout par les plus âgés, qu’il s’agisse de punir des erreurs lors des exercices ou de faire régner la discipline. Dans les familles aussi, les coups font souvent office de méthode d’éducation, et les parents acceptent volontiers que les professeurs en fassent autant. »
Il est un proverbe cambodgien qui dit que « si je confie mes enfants au professeur, tout ce que je lui demande est de récupérer les yeux, la peau et les os », ajoute Seng Hong. Les parents sont prêts à tout accepter pour que leurs rejetons soient bons en classe. Mais ils ne se rendent pas compte que cette violence a un impact négatif sur leur développement. »
Les professeurs adeptes d’une éducation à l’ancienne ont différents outils à leur panoplie : coups de bâton, obligation pour un élève de se tenir sur un pied pendant plusieurs heures, ou sur de la peau de durian ou de jacquier.
Punis, les enfants sont nombreux à éprouver des sentiments de panique, de confusion, de colère, de culpabilité ou de peur.
Sévère, mais juste ?
Seng Hong, lui, demande une prise de position claire des pouvoirs publics, et des sanctions contre les enseignants qui continuent d’employer la manière forte. « On n’a jamais vu de circulaire indiquant la marche à suivre lorsque la violence apparaît », remarque-t-il.
Certains professeurs font d’ailleurs de la résistance vis-à-vis de ces nouvelles méthodes pédagogiques. Selon une enseignante de Wat Preah Puth, âgée d’une cinquantaine d’années, la discipline se dégrade lorsque les coups ne sont plus autorisés. Aussi revendique- t-elle le droit de continuer à frapper ses élèves : « Certains enfants ont besoin d’une punition violente, estime- t-elle. Aujourd’hui, ma classe est calme parce que je punis physiquement les plus dissipés. Si on se contente de paroles, ils ne nous écoutent pas et continuent à bavarder. De même, lorsque je donne du travail à faire à la maison, ils savent que s’ils ne le font pas, ils seront battus. Cette interdiction va rendre notre travail plus difficile. »
Certains enfants sont eux-mêmes convaincus de l’efficacité des coups de baguette, souligne aussi l’ONG Plan Cambodia. Ainsi, Sreyneath, jeune fille filiforme de 12 ans, ne remet pas en cause les méthodes brutales de ses professeurs, même si elle pleure souvent lorsqu’elle est battue. « Hier, j’ai reçu cinq coups de bâton sur la main parce que je suis arrivée en retard en cours, avec une amie. On n’avait pas entendu la cloche… Je n’osais pas pleurer devant tout le monde, j’ai attendu d’être rentrée chez moi le soir. Il y a des jours où la prof frappe tout le monde, parce qu’il y a du bruit dans la classe. Pour les fautes graves, elle donne des fessées, tire les cheveux, distribue des gifles… Mais ce n’est pas une personne violente : elle ne nous bat que quand on le mérite. Elle me fait peur, mais je pense qu’elle fait tout pour que l’on progresse. Environ 40% des enseignants font comme elle, dans mon école. Il y a un garçon qui est très dissipé, qui embête les autres, qui piétine les livres… Il est frappé presque tous les jours. ». Quand on lui demande si la punition a conduit son camarade à changer son comportement, elle répond simplement : « Non ».
Rapport de confiance
Pheakdey, lui, est en classe de troisième (CE2) à l’école de Boeung Trabaek, à Phnom Penh. Dans cet établissement, le châtiment corporel a été remplacé par la mise en place d’un système d’amendes. « Quand on bavarde, raconte- t-il, le prof demande au délégué de classe de noter le nom des responsables. Après, chacun doit payer 300 riels ». Lorsqu’un élève oublie de noter ses cours, l’amende est portée à 500 riels. " Moi, j’ai déjà été puni, et j’ai dû payer. Ma mère me donne 1000 riels par jour pour le déjeuner, je les utilise pour payer l’amende. » Pour les fautes les plus graves, les coups de bâton restent en option : « C’est surtout quand le directeur vient dans la classe et qu’il y a des bavardages… Alors on reçoit des coups. Ça arrive une fois tous les trois ou quatre jours. »
L’exemple viendra-t-il des établissements modèles ? À l’école Prasat Thnong, à Siem Reap, le directeur Tream Phorn l’espère : « Ici, on ne frappe plus les enfants mais les élèves continuent à respecter leurs professeurs, se félicite-t-il. Et surtout, ils ont des rapports de confiance, ce qui n’était pas le cas avant. » Et, pour appuyer cette démarche, Plan Cambodia lancera en avril une campagne d’information intitulée « Learn without fear », destinée à convaincre les partisans des « bonnes vieilles méthodes»
À Siem Reap et Phnom Penh, Ung Chansophea

Suite à un scandale, cet établissement a interdit aux enseignants de lever la main sur les élèves. Un système d’amendes a été mis en place… et avec lui, une corruption dévorante.
En avril 2007, le lycée Damdaek, à une quarantaine de kilomètres de Siem Reap, était au coeur d’un scandale. Le directeur adjoint ainsi
que deux professeurs étaient sous le coup d’une plainte pour « coups et blessures » à l’encontre d’un élève de 19 ans. Celui-ci, en classe de 11e (Première), avait été sévèrement battu pour avoir manqué, un matin, le lever de drapeau et l’hymne national. Plusieurs autres élèves avaient alors accusé des membres du corps enseignant de leur avoir fait subir des humiliations et de les avoir giflés. Plus de 600 élèves avaient alors manifesté pour réclamer la suspension immédiate du directeur et de son adjoint. Le gouverneur de Siem Reap était intervenu, ainsi que le chef du département provincial de l’Éducation.
Un mois après, les deux responsables du lycée étaient démis de leurs fonctions.
Depuis, la situation a changé, dans cet établissement qui compte 107 professeurs pour plus de 3300 lycéens. Mais difficile de dire si le nouveau système est vraiment meilleur : les punitions ont pris la forme d’amendes. Résultat : de fréquents échanges monétaires dans les salles de classe, aboutissant à la mise en place d’un système de corruption organisé. Touch (1), professeur de mathématiques, laisse transparaître son mécontentement lorsqu’il évoque la situation. «J’enseigne ici depuis six ans… Avant, c’est vrai, la discipline était trop rigoureuse. Mais maintenant, les élèves n’ont plus peur de rien : ils savent qu’avec de l’argent, ils pourront passer en classe supérieure!» Selon lui, au moins un professeur sur cinq est corrompu. « Les élèves les plus modestes, qui ne peuvent pas payer, ont tout simplement arrêté leur scolarité, reprend-il. La nouvelle équipe administrative n’a pas réagi. »
Un professeur de littérature partage l’exaspération de son collègue : « Maintenant, c’est le chaos! Normalement, les élèves doivent balayer la salle de classe à 7 h du matin, mais ils ne le font pas… La direction ne fait rien pour renforcer la discipline. On n’a pas besoin d’un retour aux punitions corporelles, mais au moins une présence éducative, et que les élèves aient à se justifier pour leur comportement ! Quand ils sont en retard, maintenant, on se contente de noter leur nom et de prendre leur argent après. »
Tak, jeune élève de 12 ans, est également inquiet. Certes, il est content de ne plus recevoir de coups de la part des professeurs. «L’enseignement dispensé est faible… Comme les professeurs ne font pas beaucoup d’efforts pour préparer leurs cours, beaucoup sèchent la classe et paient l’amende ensuite. Parfois, moi aussi, je boycotte les cours. Certains profs viennent juste lire leur cours à haute voix », confirme Heang.
Le directeur de Damdaek, Pech Sophy, admet que certains élèves ont interrompu leur scolarité, et que des professeurs vendent les sujets des épreuves avant les examens. « J’ai travaillé auprès de ces enseignants pour leur faire comprendre qu’il ne fallait pas procéder ainsi, et déjà, ces pratiques ont reculé », assure-t-il, tout en reconnaissant que le salaire des professeurs ne leur permet pas de faire vivre leur famille.
À Siem Reap, Ung Chansophea

Avec l'aimable autorisation de Cambodge Soir Hebdo, abonnez vous

12 février 2009

 

Album de photos, Sre Ambel, février 2009

http://www.sre-ambel.fr/SA0209/index.html
Dans l'ordre des photos :
1- des affichages éducatifs et pédagogiques en classe, offerts par les ONG ou faits soi-même dans les salles de classe de "notre école".
2- le logo / panneau concernant la construction des 4 premières classes offertes par le Japon. Ce sera bientôt notre tour d'avoir les honneurs du pignon.
3- raffinerie énorme dont la construction est bien avancée
4- logement en dur pour les ouvriers de la raffinerie. Poteaux électriques prêts. L'électricité sera produite par la raffinerie et les ouvriers en bénéficieront.
5 6 - logement de l'encadrement thaïlandais et préau de réunion informelle
8- le maire du village et le directeur de notre école.
9- le maire et Reth qui est en pleine forme. Sa femme souffre encore de temps en temps et se rendra à Phnom Penh à la date qui lui convient pour une visite de contrôle que nous paierons.
10- Restaurant avec télé branchée sur batterie = lieu de rencontre pour les ouvriers et villageois. Signe -encore inimaginable il y a deux ans- que notre village est en cours de normalisation.
11- Restaurant
12- Autre restaurant et une boutique avec large emplacement pour parquer
13- généreux jacquier devant la maison des papy mamy
14- après une énième brouille le papy et la mamy sont à nouveau ensemble. Si la mamy va très bien (nous avons payé un traitement à l'automne), le papy décline, nous lui avons donné ce qu'il fallait pour qu'il se fasse soigner.
15- 30000 hectares de canne à sucre, à terme. Voilà de quoi faire pour la raffinerie.
17- emplacement de la nouvelle classe, celle que nous offrons, le maire, le constructeur
18- Réunion
19- la salle en bois est abandonnée
22- le maire, un personnage très sympathique et sérieux, qui plus est.
23- Le maire paie la construction du portail de l'école.

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