31 juillet 2008

 

Trois Euros et 20 centimes de plus pour les instituteurs de Sre Ambel

Le gouvernement a décidé d’accorder une augmentation de cinq dollars aux fonctionnaires et aux forces de l’ordre. "Il s’agit de compenser la hausse du coût de la vie" selon le ministère de l’Economie et des Finances. Elle sera octroyée aux fonctionnaires concernés du mois de juillet au mois de décembre 2008. Cette mesure est contestée par Rong Chhun, président de l’association des enseignants indépendants du Cambodge. « Cinq dollars de plus par fonctionnaires, c’est insuffisant, car les prix augmentent de 200 à 300 % » déplore-t-il. Une tendance que le gouvernement ne parvient pas à compenser, et ses efforts, 15% d’augmentation des salaires en 2007 et 20% en 2008, paraissent dérisoires. Avec la flambée des prix depuis plusieurs mois, le pouvoir d’achat a fortement chuté. Et les pauvres en payent le prix. "Il faudrait 200 dollars (130 €) à un fonctionnaire moyen pour vivre correctement et honnêtement" observe ainsi un employé d’une agence gouvernementale, "5 dollars de plus ou de moins ne feront pas la différence".
De nombreuses ONG, comme c'est notre cas avec les instituteurs de l'école primaire Ta Tong dans le district de Sre Ambel, donnent un complément de salaire plus substantiel aux fonctionnaires dont elles souhaitent encourager le travail, l'assiduité et la motivation.

28 juillet 2008

 

Législatives 2008 – Le PPC grand vainqueur, le PSR proteste.-

D’après les premières estimations, le PPC du premier ministre Hun Sen sortirait grand vainqueur avec 91 sièges sur les 122 que compte la nouvelle assemblée. Une victoire dores et déjà contestée par le PSR, deuxième du scrutin qui appelle à manifester.
C’est sans grande surprise que les premiers résultats communiqués par le PPC et ses médias ont donné une large victoire au parti du premier ministre Hun Sen. Avec 91 sièges celui dispose d’une majorité écrasante au sein de la nouvelle assemblée. Le PSR quant à lui prend la tête de l’opposition avec 26 élus, bien loin des estimations optimistes de ses dirigeants. Trois autres formations, le Funcinpec, et ses frères ennemis du PNR, mais aussi le PDH de Kem Sokha se partageraient les restes. Le taux de participation serait quant à lui en forte baisse avec 70%, il était de 83% en 2003.

Dans l’attente des résultats définitifs, qui pourraient voir ces résultats modifier de quelques sièges, Sam Rainsy, leader du parti du même nom, a dores et déjà appelé à revoter dans la capitale où plusieurs irrégularités ont été notées de l’aveu même du Comité national électoral. Selon lui ce sont près de 200,000 électeurs phnompenhois qui n’auraient pu accomplir leur devoir électoral, et d’appeler à une grande manifestation de protestation.
1- Parti du Peuple Cambodgien (PPC) : 90 sièges
2- Parti Sam Rainsy (PSR) : 26 sièges
3- Parti des Droits de l’Homme (PDH) : 3 sièges
4- Parti Norodom Ranariddh (PNR) : 2 sièges
5- Funcinpec (FUN) : 2 sièges
www.lepetitjournal.com Cambodge Ecrit par Ke Bun Tha,


24 juillet 2008

 

Le géant vert avec une moto rouge

Le 9 avril, nous vous avons présenté l'un de nos amis du hameau, Phu Kna, affectueusement surnommé le Géant Vert. La moto que nous envisagions a été achetée grâce à vos dons. MERCI
A la campagne un tel moyen de déplacement est indispensable ne serait ce que pour des raisons de transport sanitaire en cas d'urgence médicale. Au Cambodge on peut voir, le papa conduire avec la maman et un enfant derrière, ce dernier, une transfusion dans le bras dont la poche de sérum est tenue par la mère.
Phu Kna se sert de cette moto pour faire le taxi entre les hameaux de ce côté du bras de mer et la bourgade de Sre Ambel.
On le voit, au premier plan sur la photo, avec les deux autres papas du hameau à qui nous avons pu fournir une moto. Easy Rider Khmers! Vous remarquerez que les rétroviseurs et les casques ne sont pas encore rentrés dans les moeurs.

 

Situation extrèmement tendue à la frontière avec la Thailande

La Thaïlande dispute au Cambodge un temple érigé à partir du XIe siècle par les rois de l’empire angkorien. Placé sur un contrefort de la chaîne des Dangrek, il surplombe le royaume.

• Un héritage culturel khmer
Le temple Hidouiste, dans sa forme actuelle, a été bâti par plusieurs rois successifs, du Xe au XIe siècle. À cette période, le plateau de Korat, le centre et le sud de l’actuelle Thaïlande étaient des régions peuplées essentiellement de Khmers, placés sous la domination des rois d’Angkor.
Le premier royaume siamois a émergé à Sukhotaï au début du XIIIe siècle, sur les marges de cet empire. Le temple de Preah Vihear n’a donc aucun lien avec l’émergence des royaumes thaïlandais, plus tardifs. Les Siamois ont, en revanche, taillé leurs territoires successifs aux
dépens de l’empire d’Angkor, ce dernier a subi un coup fatal en 1431 lors d’une expédition militaire marquant l’abandon de cette cité par les rois khmers comme centre de pouvoir.

• Les premiers tracés de frontières
Au XIXe siècle, l’affaiblissement du royaume du Cambodge est tel que ces provinces de l’ouest et du nord passent sous contrôle siamois. La France modifie ce rapport de force en 1863 par un accord de protectorat, puis en 1883, lorsque la puissance coloniale entend faire restituer au Cambodge les provinces de Battambang, Sisophon, Siem Reap et Mlou Prey (Preah Vihear).
Cette rétrocession se déroule entre 1904 et 1908, et est marquée par une convention signée le 13 février 1904, puis par le traité du 23 mars 1907. Entre-temps, les frontières sont délimitées de manière à établir une carte. Une commission franco-siamoise est chargée d’effectuer la reconnaissance de la crête de la chaîne des Dangrek. La partie technique est assurée par des officiers de l’armée française pour les relevés topographiques.
Le principe est de suivre « la ligne de partage des eaux ». La carte concernant le nord du Cambodge est terminée en 1907 et adressée à Bangkok l’année suivante dans le cadre de la commission mixte. Les autorités françaises ne reçoivent aucun écho à cet envoi, ce qui équivaut à une reconnaissance, de facto, des frontières tracées.

• Une contestation tardive
Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que la Thaïlande conteste cette ligne de frontière. D’abord en 1954, par une occupation armée du temple, puis par une revendication de sa possession, portée au niveau international en 1958.
Le pays a, dès 1934, dressé lui aussi ses propres cartes. Si des divergences apparaissaient au niveau du tracé de la frontière fait par les Français au sujet de la « ligne des eaux », le temple est toujours mentionné en territoire cambodgien.
De plus, au cours de nouveaux traités franco-siamois sur les frontières (1925, 1937), et lors de la tenue de la commission de réconciliation entre les deux pays en 1947 à Washington, la question de Preah Vihear n’est jamais soulevée.

• L’arbitrage international
C’est donc devant la Cour de justice internationale de La Haye que le Cambodge porte l’affaire le 6 octobre 1959.
La Cour se déclare compétente le 26 mai 1961. Le 15 juin 1962, elle rend un arrêt par lequel le temple appartient effectivement au royaume du Cambodge.
Ce tracé de la frontière adressé par le gouvernement français au gouvernement siamois en 1908 est validé.

• Le retour des pressions
Jusqu’en 1998, la zone du temple de Preah Vihear est restée aux mains des derniers rebelles Khmers rouges. Ce n’est donc que depuis dix ans que le site est accessible aux visiteurs. Mais dès 2001, la Thaïlande soulève à nouveau le problème de l’appartenance du temple, avec l’apparition de la « zone blanche », déclarée « neutre » par le gouvernement du Cambodge, pour encourager le développement
économique. Elle se situe en territoire cambodgien mais a bénéficié d’investissements thaïlandais pour son aménagement, ce qui, aujourd’hui, soutient les revendications de certains nationalistes pour le rattachement de cet espace à la Thaïlande. Mais la nouvelle
vague de protestations est plutôt le résultat de manoeuvres qui concernent la vie politique intérieure du royaume voisin et qui fait du temple de Preah Vihear l’otage de quelques meneurs militaires et politiques thaïlandais.
Philippe Escabasse
© Cambodge Soir Hebdo, ABONNEZ VOUS

21 juillet 2008

 

Makara en vacances

La petite affichette sur le mur de la cabane de Mae Afrik nous rappelle que les élections législatives auront lieu dimanche 27 juillet au Cambodge. La victoire est promise au Parti du Peuple dont vous voyez les visages des trois dirigeants sur l'image. Le plus célèbre est le premier ministre Hun Sen, candidat à sa propre succession, à un Xième mandat.
Makara n'est plus la crevette que nous avons connu même si elle est encore loin d'être obèse. Pour elle, ce sont les vacances qui commencent. Ce qui signifie rester à la maison pour jouer avec les voisines.
Non Mae Afrik n'est pas encore en situation, malgré votre aide oh! combien précieuse, de s'habiller en Prada. Son T shirt n'est PAS un vrai Lacoste.
Elle continue de donner un coup de main à gauche et à droite dans son village.
Celui qui manque sur la photo, c'est Afrik. Après quelques mois passés dans un temple, sa mère finalement souhaite qu'il apprenne un vrai métier, afin de ne pas se retrouver comme l'immense majorité des jeunes Cambodgiens sans aucune formation professionnelle ni compétence.
Voici un nouveau défi à relever pour nous : trouver un maitre d'apprentissage. Les patrons se font payer pour leur "enseignement", mais même en ouvrant sa bourse, il n'est pas si aisé de trouver et il faut ensuite que le garçon tire profit de sa formation. D'autant qu'il ne sait pas trop ce qui l'intéresse.
On pense tout de suite à la mécanique moto car c'est un corps de métier dont on a besoin dans tous les villages mais pourquoi pas l'imprimerie, la boucherie, la plomberie, etc. Tout en gardant à l'esprit que Afrik n'est pas doué pour ce qui est intellectuel, il ne faudra donc pas un métier qui fasse appel à des documents.
Maintenant, pourquoi Afrik aura t il échoué à l'école? Fait il partie des X% d'enfants qui éprouvent ce genre de difficultés même dans les pays développés? A t il manqué d'hygiène et de nourriture lorsqu'il était petit (n'oublions pas qu'il avait déjà 8 ans lorsque nous avons sorti sa mère de la mendicité)?

11 juillet 2008

 

Le temple de Preah Vihear inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO

Preah Vihear, victoire à l’arraché

Il est 10 h, mardi 8 juillet, quand la chaîne télévisée CTN officialise la nouvelle : l’Unesco a inscrit le temple de Preah Vihear sur la liste du patrimoine mondial. Dans les écoles, les cours sont suspendus et les élèves conduits devant les postes de télévision pour écouter le discours de Hun Sen. À la mairie de Phnom Penh, le gouverneur Kep Chuktema enjoint le personnel municipal à entonner l’hymne du pays, L’Histoire khmère. Au marché central, les commerçants se rassemblent, agitant le drapeau national, frappé du dessin d’Angkor Wat, premier site classé au patrimoine mondial. À Siem Reap, des feux d’artifices ont été tirés pour célébrer la nouvelle, alors que le gouverneur de Preah Vihear demandait au gouvernement l’autorisation d’organiser une grande fête de célébration.
Quarante-six ans après le jugement de la cour internationale de justice de La Haye, qui a accordé au Cambodge la souveraineté sur le temple, la 32e session du Comité du patrimoine mondial, réuni à Québec, a donc approuvé la candidature cambodgienne, pourtant férocement critiquée par l’opposition thaïlandaise.
Le premier ministre Hun Sen s’est empressé de se féliciter de la nouvelle : « C’est une reconnaissance de la portée exceptionnelle et universelle de l’architecture khmère », a-t-il indiqué, rappelant les inscriptions au patrimoine mondial déjà obtenues par le Cambodge : le
temple d’Angkor en 1992, la danse traditionnelle khmère en 2003 et le théâtre d’ombres de grand cuir en 2005. Selon le chef du gouvernement, cette décision obligera la communauté internationale à collaborer pour protéger ce bien universel et à le préserver pour les générations futures.
La candidature du temple de Preah Vihear remonte au 10 octobre 2001. Il a fallu sept ans d’intenses négociations entre l’Unesco et le gouvernement, représenté par le vice-premier ministre Sok An, pour que le dossier aboutisse.
« Ce contretemps résulte de la position thaïlandaise, en conflit avec le pays à ce sujet, a estimé Hun Sen. Mais l’inscription de Preah Vihear ne sera en aucun cas un obstacle aux bonnes relations » entre les deux nations.
Ces dernières semaines, le sujet a provoqué une crise politique en Thaïlande. Ses dirigeants ont été contraints de retirer leur soutien à la candidature cambodgienne, sous la pression de l’opposition.
« Malgré les protestations survenues en Thaïlande, son gouvernement a reconnu la valeur exceptionnelle et la portée universelle du temple », a estimé le premier ministre, rappelant la position adoptée par Bangkok en 2007 lors de la 31e session du Comité du patrimoine mondial en Nouvelle-Zélande, et les déclarations du premier ministre thaïlandais en visite au Cambodge en mai. Hor Nam Hong, ministre des affaires étrangères, s’est également réjoui de la nouvelle, estimant qu’« aucun des deux pays ne perdait un centimètre carré de territoire avec cette décision » et rappelant que la résolution avait été prise à l’unanimité des 21 membres du comité de l’instance culturelle onusienne.

Un site d’une valeur exceptionnelle
Le temple de Preah Vihear est un exemple rare de la relation étroite qu’un site historique peut créer avec son environnement. Au IXe siècle, un ermitage a été fondé sur le site dédié à Shiva. Il est devenu un temple royal au XIe siècle. C’est à partir de cette époque qu’il se développe, et devient un ensemble de sanctuaires reliés par plus de 800 mètres d’escaliers et de couloirs.
Le dossier présenté à l’Unesco a été retenu pour trois raisons. Premièrement, le site contient de nombreux contrastes : un promontoire, des falaises abruptes, une vaste plaine, un massif montagneux et un environnement naturel s’étendant à perte de vue. Deuxièmement, la composition architecturale du site concilie les traditions religieuses au caractère unique de la géographie des environs. Troisièmement, les sculptures en pierre représentent des motifs naturels et des scènes de la mythologie hindoue.

Leang Delux
© Cambodge Soir Hebdo, ABONNEZ VOUS

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