26 avril 2008

 

Suspension d’un programme d’aide dans les écoles

Un peu long mais TRÈS important. A lire jusqu'au bout.

Sur fond de hausse des prix des aliments, le désistement de plusieurs fournisseurs a forcé le Programme alimentaire mondial à mettre un terme à ses distributions gratuites de petits-déjeuners dans les écoles.
De l’Afrique aux Philippines, les « émeutes de la faim » se multiplient sur la planète.
La FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) a établi une liste « de 36 pays en crise, nécessitant une aide extérieure ». Le Cambodge n’en fait pas partie. Mais la flambée des prix alimentaires prend une proportion telle que l’Unicef s’inquiète à présent de son impact sur l’éducation des plus pauvres. « La hausse risque d’obliger les familles à réduire leur budget, à rogner sur l’éducation et à retirer leurs enfants de l’école pour les faire travailler », note Véronique Taveau, porte-parole de l’organisation à Genève.
Première conséquence, au Cambodge, le Programme alimentaire mondial (PAM) vient de suspendre une partie de son programme d’aide
alimentaire en faveur des écoles jusqu’aux vacances de juillet. « Nous n’avons plus assez d’argent pour acheter les quantités requises. Le prix de la tonne de riz est passé de 260 dollars en 2007, à 500 dollars cette année », explique Thomas Keusters, directeur du PAM au Cambodge.
L’organisme avait pourtant signé des contrats avec plusieurs fournisseurs locaux. Mais cinq d’entre eux ont préféré y mettre un terme, moyennant une pénalité de l’ordre de 5 %. L’un de ces commerçants a expliqué qu’au moment de la signature, il n’avait en stock que 800 tonnes de riz sur les 1 500 promises. Du fait de l’envolée des prix, il aurait perdu beaucoup d’argent en achetant les 700 tonnes restantes sur un marché orienté à la hausse. D’autres ont préféré vendre leurs marchandises plus cher ailleurs.
Résultat, le PAM a mis un terme à ses distributions quotidiennes de petits-déjeuners aux 450 000 élèves, du CP au CM2, de 1 350 écoles réparties dans 12 provinces. En revanche, « nous poursuivons le second volet de cette aide alimentaire dans les écoles, qui concerne, cette fois, 22 000 élèves dans six provinces, à qui nous offrons des rations à emporter composées de pois et d’huile », précise le directeur.
En revanche, le riz a dû être supprimé de ce frugal menu. Plus de 80 % des bénéficiaires sont des filles, sélectionnées par les conseils de parents d’élèves et les directeurs d’école.
En 2007, le PAM avait déjà suspendu cette distribution pendant trois mois, faute d’argent. Cela s’est traduit par « une baisse de fréquentation de 25 % dans les classes et une attention réduite de la part des élèves », se souvient Thomas Keusters.
Un constat que tempère Sam Samanta, directeur du département de l’éducation de Kampong Speu. « Les enfants ne se rendent pas à l’école pour ce petit-déjeuner. Cependant, privés de cette source d’énergie, ils seront peut-être sujets à des troubles de l’attention », relève-t-il. Il a déjà reçu la lettre du PAM mais la distribution ne va pas pour autant s’arrêter immédiatement.
« Nous avons encore des réserves », rassure Sam Samanta.
Ce programme a pourtant été lancé en décembre 2007, pour une durée de trois ans. Le PAM s’est donné pour mission d’acheter la nourriture sur le marché local, de la stocker et de l’acheminer jusqu’aux établissements scolaires, où elle est distribuée avec l’aide de plusieurs ONG. À l’époque, le budget approuvé était de 57 millions de dollars. Il avait été établi sur la base de 295 dollars la tonne de riz. En raison de l’inflation, il a fallu modifier cette estimation en février.
Le gouvernement espagnol a alors fait un don de 737 000 dollars en faveur de ce plan. Malheureusement, cette rallonge providentielle est loin d’avoir été suffisante. « En nous basant sur un prix de 388 dollars la tonne de riz, nous nous sommes arrêtés sur un budget de 72 millions de dollars. Aujourd’hui, nous attendons de voir comment les cours évoluent pour faire une nouvelle prévision », observe Thomas Keusters.
À présent, le directeur du PAM au Cambodge éprouve quelques craintes concernant le dernier volet de ce programme.
« Chaque mois, nous apportons une aide alimentaire à 15 500 familles dont un membre est atteint par le virus du sida, ainsi qu’à 18 000 patients souffrant de la tuberculose », précise-t-il. Face à la pénurie d’aliments, il a déjà accordé la priorité aux personnes vulnérables, plutôt qu’aux écoliers. Il ne sait pas pour autant combien de temps il pourra tenir. « J’ai lancé un appel à la communauté internationale et au gouvernement cambodgien, qui m’a promis 2 000 tonnes de riz en octobre 2007, plus 1 000 tonnes supplémentaires en mars dernier », indique Thomas Keusters, en mettant l’accent sur l’urgence de la situation.
Robert Zoellick, président de la Banque mondiale a, il y a peu, fait part de ses craintes en expliquant que « la crise suscitée par la flambée
des prix alimentaires pourrait se traduire par sept années de perdues dans la lutte contre la pauvreté dans le monde ». Et chacun sait combien l’éducation est importante dans ce combat.
Alain Ney © Cambodge Soir Hebdo. ABONNEZ VOUS

Note du blogger : Le Cambodge ne fait pas partie des 36 pays nécessitant une aide extérieure car il est producteur exportateur de riz. Malheureusement, en raison du capitalisme qui régit notre monde, la spéculation sur le riz et les matières premières n'est pas illégale sur la planète. Moralité (si l'on peut s'exprimer ainsi), le prix du riz a VRAIMENT doublé au Cambodge mettant les familles khmères dans l'embarras (c'est un euphémisme).
Il est possible que nous soyons amenés à faire des distributions de riz à l'école Ta Tong, celle que nous aidons depuis des années. D'aide au développement, nous voici de retour à l'urgence.
Le PAM -Programme alimentaire mondial des Nations unies-
a bien raison de parler de tsunami silencieux. La situation est extrêmement grave car, si la nature n'a pas prévu de tsunami dans les prochaines années, les spéculateurs, d'une part, ont bien prévu de s'enrichir encore plus au plus tôt et, d'autre part, les consommateurs argentés sont toujours plus nombreux et boostent la demande.
Lisez cet article du Monde, vous serez édifié, effrayé mais aussi révolté.


20 avril 2008

 

Et notre vieille copine vous embrasse!


Le Nouvel An Khmer est l'une des deux fêtes carillonnées (l'autre étant le Pchum Ben, fête des morts dans six mois) qui est l'occasion de faire des cadeaux à notre vieille copine de Battambang.

Vieille car elle ne rajeunit pas et aussi car nous la "suivons" depuis bien longtemps. Sourde et vivant seule dans sa cabane, heureusement à côté de voisins plutôt sympas. Elle a perdu toute sa famille à l'époque des Khmers Rouges. Pour mémoire, rappelons qu'à Noël de cette année, cela fera 30 ans que les KR auront été chassés du pouvoir.

Comme à chaque fois nous lui offrons une grande quantité de riz. Vu l'envolée du prix des matières premières (voir les journaux télévisés), c'est donc un cadeau de grande valeur qu'elle à reçu cette année.
Merci pour elle!
Elle va aussi bien que possible même si les rides parcheminent toujours un peu plus son visage si expressif [ce en quoi, elle n'est pas différente de chacun d'entre nous].


13 avril 2008

 

Nous vous souhaitons une excellente Nouvelle Année Khmère

Divertissement synonyme de Songkran en Thaïlande qui gagne chaque année en popularité de l'autre côté de la frontière et auquel les Khmers s'adonnent avec joie de nos jours. Cliquer sur l'image pour voir l'animation (bon, vous devinez de quoi il s'agit).

11 avril 2008

 

A vos agendas! Prochaines ventes d'artisanat Khmer et Thai

11 mai à La Ferté sous Jouarre
15 mai Notre Dame de la Providence, Vincennes
7 juin au collège Madeleine Daniélou à Rueil Malmaison
22 juin, Troc et Puces de Champs sur Marne à confirmer
Rappelons que tous aux objets ont été fabriqués selon les principes du commerce équitable.

 

Les complexités du calendier cambodgien

Au Cambodge, plusieurs ères ont été utilisées pour le décompte des ans, depuis les temps préangkoriens, et parfois de façon simultanée. L’ère Saka, ou « grande ère », qui débute en 78 après Jésus-Christ (utilisée en Inde de nos jours), la période cullasakarâj, la « petite ère »,
qui débute en 638 après J.-C., et semble une création birmane adoptée au Cambodge via la Thaïlande, au cours du XIXe siècle, l’époque buddhasakaraj, ou « ère bouddhique », qui débute lors de l’entrée du Bouddha Cakyamuni dans le Nirvana, en 453 avant J-C, et qui est de nos jours la plus communément utilisée. À ces trois époques s’ajoutent une ère ancienne, poranasakaraj, qui débute 11 ans avant l’ère bouddhique, et n’est connue que des astrologues royaux, et enfin, l’âge chrétien et son calendrier grégorien importé d’Occident via le Protectorat établi par la France à la fin du XIXe siècle. Ce dernier, actuellement d’usage courant, au moins dans l’administration, ne s’est pas substitué aux systèmes préexistants, il s’est simplement surajouté. Ainsi, sommes-nous en l’an 1930, 1370, 2552, 2563, ou 2008, selon
l’ère de référence.
Quelle que soit la période choisie (hors le calendrier grégorien), le nouvel an commence, le plus souvent, entre les 11 et 15 avril. Mais pour la fixation exacte du jour, il faut prendre en considération deux calculs du temps qui ne coïncident pas tout à fait : celui de l’année lunaire (qui compte 354 jours), et celui de l’année solaire (de 365 à 366 jours).
Ces combinaisons et ajustements sont assurés par des astrologues et devins brahmaniques royaux, les horas. Cette maîtrise du temps par des spécialistes souligne la place traditionnelle et sacrée de la royauté, intermédiaire entre les hommes et les puissances cosmiques. Aujourd’hui encore, attachés au palais royal, plusieurs horas fixent les dates des jours sacrés.
Le calendrier lunaire est, depuis la nuit des temps, le plus utilisé dans la vie quotidienne, rythmant une série de 12 mois scindés pour chacun en deux parties égales, de lune croissante et de lune décroissante. Les mois de 29 jours sont « femelles » et ceux de 30 jours « mâles ». Les huitièmes et quinzièmes jours de chacune de ces phases sont des jours sacrés, propices à la fréquentation des pagodes, et pour les bonzes, à la confession des fautes. C’est selon le calendrier lunaire que sont déterminées les principales célébrations religieuses, royales et collectives : fêtes du Sillon Sacré, des Morts, des Eaux, etc., mais aussi, par exemple, les dates propices à la sacralisation des
bornes des pagodes et, anciennement, des temples. C’est aussi à l’aide du calendrier lunaire que le devin (ou krou) va indiquer aux intéressés les dates fastes – ou néfastes – aux événements importants de la vie : mariage, voyage, incinération... Rappelons que le mot
khmer qui désigne le mois est khae, la lune (de lok khae, « seigneur lune »). Le paysan khmer, mais aussi la culture savante des monastères, distingue trois saisons annuelles, en fonction du calendrier lunaire : une saison sèche fraîche, une saison sèche chaude et
une saison des pluies.
L’année 2552
Le calendrier solaire, comptant un nombre de jours plus important, suppose donc un décalage par rapport au calendrier lunaire, qui oblige au rajout de plusieurs jours, ou d’un mois lunaire, pour faire coïncider les deux années. D’autre part, le calendrier solaire reconnaît quatre saisons et non trois, usage par ailleurs réservé aux érudits (la saison des pluies est scindée en « saison des brouillards » et en « saison
très froide »). Le calendrier solaire, important dans le calcul du passage à la nouvelle année, est pour le reste d’un usage secondaire. Le basculement dans la nouvelle année est calculé à la minute près : ainsi, le 13 avril à 18 h 24 serons-nous dans l’année 2552, avec le
Rat pour animal zodiacal dominant.
Nous retrouvons tout de même au quotidien le soleil dans le mot « jour », thgnai. En khmer, « date » se dit thgnai-khae ou « soleil-lune ». Comme en Occident, chaque jour est sous le signe d’une planète. Il est de plus dominé par une couleur et une déesse (voir cicontre). Il était de bon ton, autrefois, de s’habiller de la couleur du jour, cette symbolique avait son importance à la cour royale. Quant aux déesses
qui gouvernent chacune des journées, elles renvoient à la légende de Kabel, sage décapité à la suite d’un pari perdu, et dont les sept filles portent à tour de rôle la tête sur un plateau, un jour chacune, le chef du sage menaçant l’équilibre et la survie du monde entier s’il est déposé à terre. Chacune de ces déesses est associée à un animal. Elles ont un rôle important dans la détermination astrologique de l’année, qui est influencée par celle qui domine le jour du nouvel an. Cette année, il s’agit de Tûngsadevî, la fille aînée du sage Kabel. Elle est portée par l’oiseau mythique Garuda et a pour emblème végétal le lovea thôm ou u-tum-pö (ficus racemosa).
En khmer, le jour se désigne par un nombre, de un à 15 (durée d’une phase lunaire), suivi de la phase de la lune, croissante ou décroissante. Ainsi un jour particulier est dans une phase lunaire koet ou roch ; « qui croît », ascendante, ou « qui se démolit », descendante.
Par exemple, dirons-nous le 15 avril que nous sommes thgnai ti dap koet, le « dixième jour de la lune croissante ».
L’expression khmère chol chnam thmei, « entrer dans la nouvelle année», implique, donc, deux « entrées », une dans l’année lunaire, et une dans l’année solaire. La première est tombée en désuétude, semble-t-il, dès les années 50. Elle était célébrée surtout parmi le clergé bouddhiste. Actuellement, seul le jour du nouvel an solaire est respecté, il débute généralement un 13 ou un 14 avril. Ce sont les astrologues royaux qui déterminent la date exacte, ainsi que le nombre de jours sacrés, le plus souvent trois, ce qui est le cas cette année, mais parfois quatre.
Le premier jour de l’année solaire, appelé sangkran’ « marche », (du sanscrit sangkrantt), est aussi le jour du changement de l’animal qui gouverne l’année. Celui-ci appartient à une série de douze animaux, d’origine chinoise, introduite au Cambodge depuis au moins le XIe siècle. Mais ce cycle est imprégné d’influences indochinoises et indiennes. Il comprend, en effet, des noms d’animaux issus de la langue
muong (le proto-vietnamien), remontant à l’époque des contacts entre le Chenla (VIe siècle au VIIIe siècle), et les peuplades Muong de ses frontières Nord (selon Coedès). De plus, il existe une dénomination savante, en pâli, la langue des textes bouddhiques, pour dénommer ces animaux. Ce cycle animalier est donc à la confluence de plusieurs cultures. Il joue en tout cas un rôle très important pour la vie quotidienne des khmers.
Philippe Escabasse Cambodge Soir Hebdo # 20. ABONNEZ VOUS, parlez en autour de vous

09 avril 2008

 

Le géant vert

C'est ainsi que nous surnommons affectueusement Phu Kna, le mari de Srey On car il a un gabarit de bucheron canadien (la parka en moins).

C'est le dernier des hommes du hameau à qui nous n'avons pas payé de mobylette. Nous allons sans doute profiter du bon taux de l'Euro par rapport au Dollar pour lui procurer, rapidement, un véhicule qui lui est indispensable pour se rendre à son travail dans des conditions correctes.
On le voit sur la photo en train de reconstruire sa maison, c'est ce que font les familles de temps en temps. Vous voyez qu'on est encore loin du luxe. Et pourtant...

Pourtant le fait que le Cambodge se développe implique qu'il y a du travail (payé environ 1.50 € la journée de X heures) et que toutes les familles se retrouvent à égalité, toutes ont la possibilité de survivre sans aide extérieure.
Cela dit,
Oui, il y a des laissés pour compte, oui, il reste des gens qui ont BESOIN de nous car la société cambodgienne n'a pas encore mis en place les filets sociaux ad hoc :
Les personnes âgées isolées.
Les femmes seules avec des enfants.

C'est sur ces populations que nous allons concentrer nos efforts (lire nos prochains messages).
Et puis bien sûr les écoles qui méritent un soutien continu.

07 avril 2008

 

Forte croissance, importante inflation : les pauvres laissés pour compte

La croissance du Cambodge se porte toujours bien : selon la Banque mondiale, elle s'élève à 7,5% contre 9,6% en 2007. Toutefois, parallèlement à cette dynamique économique, l'organisme a noté une puissante inflation. Celle-ci atteindrait les 10,8% depuis la fin de 2007. Ce taux d'inflation serait dû à la hausse du prix du carburant (+12%) et de la nourriture (+20%).

Cheat Huot, un économiste de la Banque mondiale, explique que l'inflation a des effets néfastes sur le pays. Il indique ainsi que, dans le cas où la croissance atteindrait les 10% et l'inflation les 20%, il n'y aurait aucun profit pour l'économie du royaume. Il ajoute que la tranche de population la plus touchée sont les pauvres car ils consacrent 70% de leurs revenus à l'achat de denrées alimentaires. Le Cambodge compte 35% d'habitants vivant sous le seuil de pauvreté, avec un revenu de moins d'un dollar par jour. Selon l'économiste, le prix de la nourriture devrait continuer d'augmenter, entre 5 et 10% l'année prochaine.

La Banque mondiale a également remarqué que les exportations vers le marché américain, principal acheteur, avaient ralenti au cours des derniers mois de 2007. En cause, le Viêtnam qui devient un concurrent important, la crise économique américaine et la fin de l'embargo sur les produits textiles chinois. Le secteur de la confection représente 70% des exportations totales du pays. Les exportations de textile avaient, pourtant, augmenté de 8% entre 2006 et 2007. Le royaume a donc du souci à se faire pour son économie.

En ce qui concerne l'inflation, c’est avant tout du côté de la hausse du prix des denrées alimentaires, qu’il faut en rechercher la cause. Et en particulier vers celle du riz, en raison d’une « pénurie dans l’approvisionnement », précise le communiqué. Pourtant, la production de cette céréale dans le pays s’est accrue de 5%, en 2007. Elle a atteint six millions de tonnes, dont deux ont été exportées.

Le prix de la viande, et en particulier du porc et de la volaille, augmente lui aussi. Du fait de l’embargo sur les importations en provenance du Viêtnam, afin d’éviter toute contamination animale.

Le tableau est complété par la flambée du prix du pétrole et la faiblesse du dollar, monnaie quasi-officielle du royaume. L’inflation ouverte affecte en premier lieu le pouvoir d’achat des ménages les plus pauvres. Alors que le pays connaît une expansion soutenue de son activité.

Pour 2008, les prévisionnistes de la BAD rejoignent ceux de la BM. Tous misent sur un fléchissement du taux de croissance. Malgré tout, elle devrait se situer aux alentours de 7,5 %.

Dans le même temps, la situation salariale des ouvriers du textile n’est toujours pas réglée. Depuis quelques semaines, la hausse des prix a eu des répercussions importantes sur les conditions de vie des travailleurs, et la grogne est montée petit à petit.

Avec leur salaire, les ouvrières textiles n’arrivent plus à manger convenablement. Elles quittent souvent la table, la faim au ventre. Résultat, une fatigue accrue et davantage de défections dans les rangs des travailleuses.

Lundi soir, coup de théâtre : le Premier ministre Hun Sen demande l’application d’une hausse de six dollars [4 €!!!]. Cette décision s’inscrit dans un contexte électoral : en mettant en place cette mesure, le Premier ministre appuie la démarche d’un syndicat qui lui est favorable à la veille des élections législatives, en juillet.

Marie Giffard et Nhim Sophal et Ky Soklim et Alain Ney
Cambodge Soir Hebdo. Lisez Cambodge Soir, abonnez vous!

06 avril 2008

 

Deux motos achetées pour Reth et Dok Mo


Comme on l'a déjà écrit ici, l'inflation qui frappe tous les pays du monde est ressentie beaucoup plus cruellement dans les pays pauvres. Au Cambodge, le riz cher est une catastrophe.
Tout ce qui tourne autour du déplacement et des transports est encore plus touché que le reste. L'essence, les trajets en taxi collectifs et les... motos sont quasi hors de prix en cet veille de Nouvel An Khmer. Aussi, avec Map, nous avons été très heureux de pouvoir trouver des motos (genre scooteur) pour des sommes correctes. Grâce à vous, nos avons exactement ce que Reth et Dok Mo escomptaient.

Mais comment choisir?
Au marché aux motos de Phnom Penh, autour du stade olympique, on trouve au moins 100 vendeurs. Certains, n'ont qu'une paire de mobylettes, d'autre en ont une centaine. Comme notre demande était très particulière, c'est chez l'un de ces gros détaillants que nous avons pu trouver. En effet, nous voulions des motos identiques. Pas similaires ou équivalentes! I-DEN-TI-QUES! Challenge presque'impossible sur le marché de l'occasion.
En outre, il nous fallait la marque qui propose le matériel le plus endurant. C'est Honda à n'en pas douter. Les Honda que l'on trouve à Phnom Penh sont fabriquées au Vietnam dans des usines "à la japonaise". "C'est du sérieux", comme dirait le président. On peut juger de la maturité d'un pays asiatique au moment où les constructeurs de motos japonais y installent une usine. Ce n'est donc pas encore le cas du Cambodge.

Il fallait un modèle bien connu mais à des prix abordables. La Dream d'occasion coute maintenant plus cher que son prix neuf de l'époque (bien au delà de 1200 €). Notre choix s'est porté sur la Wave, d'ailleurs nous avons nous même une telle mobylette depuis des années et pouvons attester que c'est fiable... si l'on y fait un peu attention, évidemment.
Il fallait que les motos ne fussent pas trop âgées. 3 ans nous est apparu être un bon compromis car ce genre de véhicule est quasi "increvable".
Même les couleurs et les décorations sont identiques!
Les prix? En achetant les deux au même endroit, nous avons obtenu un excellent 1250 € le lot. Ce à quoi s'ajoutent la carte grise, l'essence pour rejoindre Sre Ambel, etc.
Ce total avantageux a aussi été rendu possible par la force de l'€ vis à vis du $ (monnaie qui a cours au Cambodge pour ce genre d'achat). Pour nous Européens, une partie de l'inflation est "absorbée" par la baisse du billet vert.
A voir comment Reth et Dok Mo ont commencé à bichonner leurs motos dès le moment où nous les leur avons offert, nul doute qu'elles sont entre de bonnes mains.
Nos amis vont faire leurs comptes et il est possible qu'ils gagnent davantage en faisant moto taxi pour les ouvriers de la plantation qu'en étant eux mêmes ouvriers. Quoiqu'il en soit, il savent mieux que nous comment faire fructifier cet investissement qui n'aura été possible, rappelons le, que grâce à la générosité des Français de l'Est de Paris que nous remercions encore.

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