27 mars 2008

 

Pourquoi on ne se précipite pas pour acheter les motos de Reth et Dok Mo

Aujourd’hui, les derniers modèles de moto chez Suzuki et Honda coûtent parfois entre 1 800 et
2 000 dollars. Un record, alors qu’en 2007, les deux-roues des mêmes marques variaient entre 1 100 et 1 200 dollars.
Cet envol des prix sans précédent s’explique par l’explosion du nombre de consommateurs. Se souciant peu de l’augmentation du coût de l’essence, la majorité de ces clients sont des campagnards nouveaux riches : ils viennent de vendre un terrain et courent à la capitale
s’acheter une moto dernier cri.
Le propriétaire d’un magasin situé sur le boulevard Monivong explique que, cette année, les deux-roues se vendent beaucoup plus facilement. Sous couvert d’anonymat, il se réjouit d’en
avoir vendu 60 en deux jours seulement.
Selon lui, ses clients sont, pour la plupart, originaires de provinces proches de la capitale, Takeo, Kampong Speu, Prey Veng...
Chez Suzuki, on explique que 100 motos sont vendues chaque jour mais que les prix ne seront pas revus une nouvelle fois à la hausse malgré l’afflux des clients.
Ces derniers se plaignent d’ailleurs de devoir attendre plusieurs jours avant de se procurer leur deux-roues.
Les vendeurs sont en effet obligés de les faire patienter. Premier arrivé, premier servi. Devant un grand magasin, sur le boulevard Monivong, un couple explique qu’il est venu depuis la province de Prey Veng dans un seul but : posséder un deux-roues avant le nouvel an khmer.
« Nous avons déjà visité plusieurs concessionnaires. Mais à chaque fois, nous devons attendre. Les gens laissent leur numéro de téléphone ou celui de leur carte d’identité pour réserver une
moto. J’ai voulu faire de même, mais les vendeurs ont refusé car il y a trop de monde sur les listes d’attente », affirme Ning Lauth, le mari, assis à l’ombre d’un arbre. À 48 ans, il n’a jamais possédé de deux-roues et il souhaite s’offrir le dernier modèle Honda. Trois jours sont déjà passés. Lauth précise qu’il sera obligé de prolonger son séjour pour ramener sa femme en moto.
Pech Siem, 38 ans, originaire de Kandal, a confié, il y a cinq jours, son numéro de carte d’identité à différents concessionnaires. Et toujours pas de moto ! Tous les matins, donc, il se rend à Phnom Penh, accompagné de son frère, et attend devant un magasin jusqu’au soir. Cette attente l’inquiète d’autant plus qu’il craint que les prix n’augmentent encore.
Tous les acheteurs donnent la même raison à leur précipitation : ils veulent leur moto avant le nouvel an. Certains n’osent pas avouer qu’ils ont vendu un lopin de terre dans ce but. Ils se contentent de dire qu’ils utilisent les bénéfices de la vente de leur récolte. D’autres, en revanche, n’hésitent pas à le rapporter.
Par exemple, Lida, venue de Kampong Speu, qui souhaite acheter une Honda assemblée en Thaïlande. Elle gagne sa vie en réalisant des commissions sur des ventes de terrains. « En 2005, le terrain coûtait 3,5 dollars le mètre carré. Mais dès le début de l’année 2008, il est passé à 25 dollars », explique-t-elle.
Sory Lak, ses billets verts emballés dans un krama coincé sous le bras, cherche elle aussi une moto. La femme au teint mat, habitante de Phnom Praseth, dans le district de Kampong Speu,
s’est rendue à Phnom Penh accompagnée de son fils. « J’ai vendu un bout de terrain pour rénover ma maison et acheter une moto. Les villageois s’enrichissent grâce à la vente des terres. Peu des gens se déplacent aujourd’hui en vélo.
Beaucoup possèdent une Honda modèle 2007 ou 2008. » La quinquagénaire précise que les 600 mètres carrés vendus en 2007 lui ont rapporté 15 000 dollars. Aujourd’hui ils en valent le double.
Im Navin, Cambodge Soir Hebdo # 20. ABONNEZ VOUS

---------------------------------------------------------------------------

NdR L'inflation est hystérique au Cambodge pour plusieurs raisons : elle suit la tendance haussière mondiale des matières premières, l'économie du pays s'éveille, les consommateurs constituent des stocks, l'approche des élections inquiète toujours un peu la population et surtout nous sommes à moins d'un mois du Nouvel An Khmer, période pendant laquelle les prix sont X par 2, au moins.
Un court extrait d'un autre article de Cambodge Soir (Abonnez vous) se passera de tout commentaire :
"Le prix du kilo de riz a bondi de 3 500 riels en une semaine, passant de 1 500 riels à 5 000 riels,
le mercredi 26 mars. " Ky Soklim, CS Hebdo cet article absolument passionnant est à lire page 12 de CSH # 26.
Imaginez, en France, que les prix du pain, des pomme de terre et des pâtes augmentent de 250% en quelques heures! Enfin un vrai motif de grève et de manifestation pour les syndicats français. Rien de tout cela au Cambodge, les gens paient ou se serrent la ceinture.

 

Au Cambodge, les appels vers l'étranger sont parmi les plus chers de la région

Les tarifs de communication vers et depuis l’international, surtout à partir de téléphones portables, sont un luxe. Il en coûte de 2 à 4 dollars par minute suivant les pays. Des possibilités existent pour des appels à moindres coûts, mais le Cambodge reste l’un des pays les plus chers de la région.
Devant les tarifs pratiqués pour des communications internationales par les opérateurs de téléphonie mobile, les cafés internet ont développé les appels depuis un ordinateur vers un poste téléphonique à l’étranger. Le gouvernement a tenté, un temps, d’interdire ce genre de pratiques, mais est vite revenu sur sa décision. Mais, d’une manière générale, les tarifs de communications à partir d’un poste fixe ou d’un portable n’ont guère évolué ces quinze dernières années.

Certaines compagnies ont récemment lancé sur le marché des cartes prépayées comme la Angkor Voiz, qui, en tapant sur le clavier un numéro particulier suivi d’un code, permet d’abaisser de manière conséquente le prix d’un coup de fil à l’international. Il s’agit du Voice over Internet Protocole (VoIP). Mais, en plus de la communication internationale, il faut rajouter le prix d’une communication locale, entre le téléphone fixe ou le portable de l’utilisateur et le poste, dans le pays, qui sert de relais.

Une communication vers la France ou à destination d’un pays voisin, revient ainsi en moyenne à 0,30 dollars la minute. Mais, à cela s’ajoute le prix de la communication locale, par minute également. En utilisant un portable, la minute de connexion locale (avec un 023) est élevé. Des cartes similaires offrent, depuis Bangkok, le même tarif pour une communication entre les deux royaumes, soit 0,30 dollar par minute. Mais, en Thaïlande, le tarif de la communication locale est bien moindre.

Depuis la France, une carte VoIP de l’opérateur Télé 2 achetée 15 euros permet 33 minutes seulement de communications vers le Cambodge. La même carte offre 150 minutes pour la Thaïlande et 300 minutes pour Singapour. Un autre opérateur, Allo Planète, offre pour 15 euros, 304 minutes de conversation vers le Cambodge et pour le même tarif pas moins de 2500 minutes (soit près de 42 heures) pour la Thaïlande et quelque 3000 minutes pour des appels vers Singapour. À ces 15 euros s’ajoute ensuite le coût des communications locales, car le principe du VoIP reste partout le même.

Dans tous les cas de figure, depuis la France, le Cambodge est la destination asiatique la plus chère, et ce pour la dizaine d’autres opérateurs présent dans l’hexagone. Même en achetant ses unités téléphoniques sur Skype, l’appel en utilisant ce logiciel sur son ordinateur depuis France à destination d’un téléphone portable au Cambodge, revient à 0,21 euro (soit 0,32 dollars) la minute, alors que le même procédé vers la Thaïlande met à seulement 0,09 euro (0,014 dollars) la minute de conversation téléphonique entre ces deux pays. L’année passée, la compagnie Camshim a lancé le système M Phone. Les cartes SIM, au préfixe 099, permettent des appels dans le monde entier pour 0,25 dollars la minute.

On peut retourner le problème dans tous les sens et utiliser tous les moyens possibles, les télécommunications internationales de ou vers le Cambodge restent un luxe qui n’est pas à la porté de tous…

20 mars 2008

 

Rath et Rhy, l'heure du choix

Il faut se souvenir que Rhy avait quitté Sre Ambel, il y a quelques années, pour prendre du champ vis à vis de sa famille, en particulier de son beau-père.
Rath l'avait accompagnée. Partant elles ont eu l'opportunité d'apprendre la couture, la coiffure (Rath), l'anglais, le thaï et un peu d'informatique. Merci à vous.
Maintenant qu'elles sont adultes, elles sont à même de faire des choix personnels et même de se réinstaller à Sre Ambel.
C'est l'option de Rhy. Se retrouver avec sa maman, succomber à la cour assidu d'un jeune homme de son âge, trouver un bon poste dans la Big Compagnie dont on parle tant, c'est son projet de vie. On parle déjà de mariage. Par ailleurs, son salaire est plus élevé que celui des autres (près de 3 € par jour au lieu de près de 2 €), laissez nous croire que c'est grâce au bagage qu'elle a acquis à Poipet. Une réussite donc et à nouveau grâce à vous.
Rath est davantage attirée par les feux de la ville et c'est à Phnom Penh qu'elle exerce son art (voir photo). Ainsi, elle s'est grandement rapprochée de sa famille. Elle a trouvé un nouvel employeur où elle peut travailler comme coiffeuse. En fait, elle continue son apprentissage en s'initiant à d'autres techniques, ce qui signifie aussi qu'elle n'est pas encore payée au maximum (cf. problème des stages en entreprise des étudiants français). Elle continue l'anglais grâce à votre aide. Merci encore.

This page is powered by Blogger. Isn't yours?