31 janvier 2008

 

Le goitre, suite et fin


C'est fait! L'ablation du goitre de l'épouse de Reth pour laquelle nous cherchions un donateur a été effectuée le 29 janvier. Merci à la généreuse sponsor.
L'opération s'est bien passé.
La malade, future guérie, sortira de l'hôpital dans quelques jours et pourra retrouver ses huit enfants et son mari.

28 janvier 2008

 

Ecoliers cambodgiens en uniforme et épanouis

Le blog Sre Ambel publie ce texte pour inciter à la réflexion et non pour militer pour ou contre l'uniforme en France. Les enfants cambodgiens sont tenus de porter la tenue (!). Point barre.

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Dans
un long article publié en août dernier, Daniel Faivre, soixante-huitard repenti, nous offre un magnifique plaidoyer en faveur de l'uniforme à l'école. À l'occasion d'un jumelage avec un lycée cambodgien, ce professeur de Courbevoie découvre le fossé des mentalités, entre deux jeunesses de même génération, notamment autour de l'uniforme scolaire.

Morceaux choisis :

"(...) La comparaison était confondante : au Cambodge, les visages étaient joyeux, rieurs et les uniformes simples (pantalons et jupes bleu marine, chemises et chemisiers blancs) ajoutaient encore à cette impression de bonheur d'apprendre et de vivre. Les visages fermés, aux expressions désabusées, les allures traînantes, comme dégoûtées, le corps avachi, l'écoute ironique ou indifférente et enfin, pour couronner le tout (il est vrai qu'en France c'était l'hiver), vêtements unisexes, pantalon blouson, noir en majorité, tout laissait à penser aux Cambodgiens qu'un drame profond frappait la France! Eh bien, oui... la « modernité », issue de la fameuse révolution des moeurs, allie à la fois, à l'école, un égalitarisme sexuel moralisateur et misandre et un laisser-aller disciplinaire (encore un mot interdit !), ainsi que vestimentaire. Rien d'heureux dans les visages, les allures, les paroles. Mais une névrose agressive qui court. Oui, un drame profond frappe les écoles en France. Certains de nos jeunes Courbevoisiens souriaient même avec condescendance de la naïveté, de la simplicité - être heureux d'aller à l'école! - de la « ringardise » des élèves cambodgiens. L'arrogance branchée se niche aussi dans ces coins-là. Qu'est-ce que le « jeune de banlieue » - marque déposée Canal+ ! - avec son MP3 et ses Nike a à voir avec les bouffons déguisés de Phnom Penh ? (...)

L'avantage (de l'uniforme), c'est qu'il fait disparaître toutes ces appartenances communautaires lourdes. Tout au long de l'apprentissage - écoles, collège, lycée – tous égaux et tous Français. L'uniforme est beaucoup plus qu'une apparence, c'est une appartenance fièrement portée à un pays. Un même pays. Que l'on soit du quartier latin, du Vésinet, de Bobigny, de Nanterre ou de la campagne – que l'on soit d'origine maghrébine, africaine ou autres. Que l'on soit pauvre, modeste ou riche (soif de justice sociale, « révolutionnaire », à l'origine de la création de l'uniforme) – en allant à l'école, on est avant tout, une Française et un Français comme les autres. Il ne s'agit évidemment pas d'être agressivement nationaliste. De la même manière qu'une réelle autorité peut être bienveillante, la fierté d'être Français sera amicale, ouverte aux autres. C'est la grande leçon des jumelages scolaires.


Un réflexe antimilitariste conditionné contre l'idée (inimaginable !) de l'uniforme, se double d'un autre, tout aussi immédiat : « On ne revient pas en arrière ! » En quoi reprendre une vieille idée, révolutionnaire à l'époque, lutter contre les différences de classes, devient-il « réactionnaire » ? Uniquement parce que l'idée est vieille ? Parce qu'elle nous vient de notre passé, de nos anciens, soucieux de justice et de fraternité ?

La dictature du fric se double en effet d'une dictature du « moderne » et ce n'est pas un hasard si l'école dans ses réformes successives remplace la transmission par la communication, abandonne son ancienne mission de mettre en contact l'enfant avec les grandes œuvres du passé et, pour faire bonne mesure, met, à l'exemple des multinationales de la mode, le jeune sur un piédestal. "

Il est inadmissible que des familles se sacrifient littéralement pour pouvoir acheter des vêtements de marque à leurs enfants. Les écoles sont trop souvent devenues des plateaux de mode qui favorisent l’exclusion et la discrimination pour ceux et celles qui ne peuvent s’y conformer.

Pour que nos enfants soient plus performants en classe, il faut qu’ils aient la possibilité d’étudier en toute sécurité. Les différences sociales sont visibles par la tenue vestimentaire et provoquent des conflits. Un uniforme serait à la fois une idée progressiste et égalitaire qui permettrait de gommer ces différences.

Les principaux motifs d’adoption de l’uniforme scolaire :

- les uniformes sont moins coûteux que les vêtements à la mode de marques reconnues

- Les uniformes aident les surveillants des établissements scolaires à repérer les intrus potentiels

- L’uniforme scolaire est l’élément indispensable qui manque actuellement pour assurer l’égalité des chances et pour valider les fondements de la mixité sociale. C’est la base nécessaire pour appartenir à un groupe, être intégré, reconnu, considéré, respecté, défendre les valeurs communes, être solidaire et avoir des repères.

Patricia PRIET.



26 janvier 2008

 

Sre Ambel se trouve dans la province de Koh Kong

Cette province de grande superficie juxtapose deux univers différents et ayant peu d’interactions. La côte et les îles forment un monde en relation maritime avec le golfe
de Thaïlande, tandis que le massif des Cardamones en constitue un autre, plutôt tourné vers la plaine centrale du Cambodge.

Superficie : 11 160 km2 (divisés en huit districts). Soit 6,16 % de la surface nationale.
Population : 130 562 habitants en 2004. Soit 0,99 % de la population.
Densité : 11,70 habitants par km2.
Ethnies : Khmers, Vietnamiens, Thaïlandais, Chinois.
Capitale : Smach Mean Chey.
Gouverneur : Yut Phou Thang (PPC).

Koh Kong, dont une île porte le même nom, présente le cas d’une région aux milieux naturels très variés, riches, que ce soit pour ces zones maritimes (massifs coralliens), côtières (mangroves)
et montagneuses (forêts sempervirentes) qui ont été épargnées par le « progrès» jusqu’au début des années 90. La composition de la population est très particulière, comprenant différentes ethnies le long des côtes, notamment sur les îles dont l’activité traditionnelle est la pêche : Vietnamiens, Thaïlandais et les inévitables commerçants chinois. Autant dire que pour eux, la relation avec le centre du pays, Phnom Penh, est inexistante. Mais la construction d’une route neuve, numéro 48, apportera sans aucun doute un changement radical avec le désenclavement de Smach Mean Chey, unique centre urbain de la province, collé à la frontière thaïlandaise.

Koh Kong possède la plus grande façade maritime et inclut une partie de la baie de Kampong Som (district de Sre Ambel), zone de pêche dynamique et ancien centre de construction de navires
de pêche en haute mer (ruiné par l’augmentation du prix du bois depuis l’année 2000, notamment le koki, et une pêche de plus en plus difficile). La frontière maritime avec la Thaïlande n’a pas encore été fixée avec précision. Les spéculations actuelles sur le potentiel pétrolier et gazier du sous-sol maritime cambodgien ont poussé les deux États à conclure des
accords de partenariat.

Koh Kong enregistre les plus forts tonnages de pêche maritime, près de 30 000 tonnes en 2004, soit deux fois plus que Sihanoukville, mais il semble que la pêche traditionnelle soit menacée par les chalutiers étrangers, qui utilisent de surcroît des moyens illégaux (explosifs, poisons) et dévastent la faune et la flore aquatiques.

La zone montagneuse inclut une grande part du massif des Cardamones (Phnom Kravanh) et constitue un monde particulier, autarcique, dû à la difficulté de pénétration de certains lieux, mais bénéficiant de la richesse végétale et animale de ses forêts.

Le peuplement est khmer, en ce qui concerne la partie des Cardamones incluse dans cette province. Encore s’agit-il de Khmer Daeum, ou « khmer de l’origine », particulièrement bien étudiés par Marie-Alexandre Martin, naturaliste et ethnologue, dès les années 60. Ils sont installés dans quelques vallées (comme Russey Chrum) qui les relient à l’extérieur. De fortes traditions orales (relevées il y a 40 ans) font remonter au XVIe siècle l’implantation de Khmers de la plaine, précisément de la capitale de Longvek, mise à sac par les Siamois, et ancêtres des Khmers du XXe siècle. Il semble que ces arrivées de nouvelles populations aient dominé des peuples plus anciens (les Chongs, par exemple), mis en état d’infériorité numérique et de civilisation.
Les relations avec la plaine étaient axées sur le commerce et les taxes.
Une minorité semble avoir disparu, les Thpongs, signalée par Moura à la fin du XIXe siècle mais à l’état de souvenir déjà dans les années 60. Sans doute absorbée par la population khmère, il en reste trace dans la toponymie (il existe aujourd’hui un district nommé Thpong, province de Kampong Speu).

Le massif des Cardamones dans son ensemble constitue une région particulière, depuis longtemps peuplée et exploitée, Tcheou Ta Kouang signale, au XIIIe siècle, le pays des « neuf montagnes ». Soumise aux raids siamois (qui en ramenaient butins et esclaves), faisant du commerce de bois avec les Malais, elle est loin d’être une région isolée. Il s’agit d’un lieu de refuge pour certaines populations et d’une zone-tampon entre les États khmers et siamois, soumise tour à tour à l’une ou l’autre puissance.
Cette province, depuis la fin de l’occupation vietnamienne, subit les maux des autres zones frontalières : implantation de casinos, défrichement sauvage des mangroves sur le littoral au profit d’élevages de crevettes polluants et économiquement non-viables (entre 1995 et 1996, 67 entreprises à capitaux thaïs s’implantent, puis ferment les unes après les autres, la dernière en février 2000).

Un projet de barrage hydroélectrique menace l’habitat de plusieurs espèces rares, sur la rivière Stoeung Atai (projet en cours d’exécution, par une compagnie chinoise).

Avec de grands atouts en écotourisme, seule une protection efficace pourra conserver ce sanctuaire naturel mis sous la pression et la menace d’investisseurs privés dont la recherche du profit immédiat est peu compatible avec la sauvegarde de la nature. On se rappelle du scandale, en 2005, de l’importation illicite de 36 orangs-outangs, espèce protégée, au zoo Safari World, et destinés à faire de la trottinette et de la boxe devant un public thaïlandais enjoué...
Philippe Escabasse
Cette excellente étude est extraite de Cambodge Soir Hebdo. Lisez le. Abonnez vous!

21 janvier 2008

 

Makara à l'école de son village


C'est la pleine forme pour Mae Afrik, ici chez elle devant son dressing - chambre à coucher - cuisine.

Sa fille aussi va bien.

On la voit ici dans sa classe, interrogée par le maitre.





On remarque, comme à Sre Ambel dans la classe de "équivalent CE1" tenue par le jeune instituteur débrouillard, que les tables sont disposées par groupe de 3. C'est tout à fait révolutionnaire en Asie où on a l'habitude d'une pédagogie très traditionnelle (entendez début du 20ème siècle). Le maitre parle et les élèves écoutent... enfin peut-être.



Merci de les soutenir toutes les deux, elles en ont bien besoin et le méritent, eu égard à la vie difficile qui fut la leur jusque là.



18 janvier 2008

 

Santé – Bientôt une nouvelle épidémie de dengue ?-


Le Royaume pourrait bientôt se trouver confronté à une nouvelle épidémie de dengue selon les spécialistes de l’OMS. L’an dernier, ce sont 407 personnes, adultes et enfants, qui ont été emportés avec près de 40 000 cas signalés. Le Royaume n'avait pas vu ça depuis plusieurs décennies alors que ses services de santé manquent encore de moyens en matière de prévention, de diagnostic et de traitement. Selon l’OMS, l’épidémie massive de fièvre dengue de 2007 s’explique en grande partie par la croissance du tourisme et l’augmentation du nombre des travailleurs migrants, qui ont contribué à la propagation de la maladie dans l’ensemble du pays. Alors que la saison sèche se profile, les autorités se préparent au mieux à une nouvelle recrudescence des cas. Il s’agit avant tout d’améliorer le processus de diagnostic pour que les patients soient hospitalisés plus rapidement, ce qui permettrait de réduire le taux de mortalité. Dans cette optique, le ministère cambodgien de la Santé, avec l’aide médicale de l’OMS et de la coopération thaïlandaise forme les médecins des régions rurales à reconnaître les symptômes de la fièvre dengue. (www.lepetitjournal.com – Cambodge)

17 janvier 2008

 

Club Sre Ambel de Notre Dame de la Providence

Dates des réunions du club Sre Ambel à venir !
A noter soigneusement dans les agendas !

Mardi 29 janvier

Association Sre Ambel avec Madame Osorio

Mardi 12 février

Association Sre Ambel avec Madame Osorio

Mardi18 mars

Association Sre Ambel avec Madame Osorio

1er avril

Association Sre Ambel avec Madame Osorio

Mardi15 avril

Association Sre Ambel avec Madame Osorio

Mardi 13 mai

Association Sre Ambel avec Madame Osorio ou VENTE ???

Ou VENTE le 20 mai …
Ceci
dépend de la décision de M.Cahour…

Mardi 27 mai ? et Mardi 10 juin ?

à déterminer en fonction des examens et fin d’année…


16 janvier 2008

 

Qui veut payer l'opération de la femme de Reth?

Cela fait maintenant plus d'un an que la femme de Reth souffre d'un goitre, pas énorme, mais qui la gène énormément.
Cette photo a été prise la semaine dernière. Oui elle ressemble beaucoup aux photos prises précédemment.
Déjà à l'époque, l'opération était à l'ordre du jour. Depuis on a essayé différents médicaments dont certains prescrits par un endocrinologue français ami. En vain.
Elle s'est rendue hier dans un hôpital de Phnom Penh spécialisé dans ce domaine. Le médecin, qui par ailleurs va nous donner un certificat et une ordonnance annonce 280 € en tout pour l'échographie, la prise de sang et l'opération.
Ni la famille, ni nous ne sommes en mesure de payer. Avis aux amateurs.
Bien sûr, nous ferons un reportage photographique autour de cette opération.

14 janvier 2008

 

Des cours d'anglais au village

Nous sommes désolés de poster une photo si mauvaise.
Il s'agit de l'une des filles de Dok Mo.
Une famille qui habite sur la colline derrière l'école.
Cette jeune fille marche pendant une heure à l'aller et une heure au retour pour aller suivre des cours d'anglais à Sre Ambel, chef lieu. Il faut se rendre jusqu'au bras de mer, traverser le pont. Là on n'est encore qu'au tiers du parcours. Ensuite obliquer à droite et prendre un chemin qui longe la berge du cours d'eau. Vue la distance, nous ne serions pas étonné qu'il faille, en réalité, plus d'une heure. Même pour des jeunes gens. Sous un soleil que l'on ne peut qualifier autrement que "de plomb".
Aussitôt rentrée de l'école vers 11:00, elle mange et repart presque aussitôt pour suivre ces cours d'anglais. Ensuite, elle ne doit pas trainer car la nuit tombe vite sous les tropiques.
Un mois de cours quotidien coute 2.50 € par mois par enfant. Vu par l'enseignant ou le directeur de l'école de langue c'est peu car il lui faut payer la location des bâtiments où est donné le cours. Vu du côté des familles, c'est beaucoup. C'est plus qu'une journée de travail d'un adulte.
Les familles qui font le choix financier de payer des cours d'anglais à leurs enfants sont, à l'évidence, des gens qui forcent le respect.
L'anglais étant si important en Asie et ailleurs, il serait nécessaire que les enfant de notre hameau aient un accès plus simple à ces cours que ce soit en terme de distance ou de cout.
Ainsi, nous voudrions offrir une heure de cours par jour aux enfants du hameau qui le souhaitent. L'enseignement serait dispensé dans l'école que nous aidons et le professeur, que nous essaierions de choisir avec soin, tant les médiocres sont légions, viendrait de Sre Ambel.

13 janvier 2008

 

Notre aide à l'école du hameau

Comme on l'a écrit en octobre, il y a maintenant 5 enseignants donc 5 classes dans "notre" école. Comme il n'y a que 4 salles dans l'école et que, pour l'instant, les parents ne veulent pas que les enfants aillent à l'école l'après-midi (comme vous le savez, en ville, les salles sont utilisées par deux classes différentes, le matin et l'après midi), il manquait une salle. Qu'à cela ne tienne, une cinquième classe a été construite avec les moyens du bord (bois et graviers au sol).


Sur le mur d'une des classes on distingue certaines des photos prises par Chantal l'an passé.

Comme on le voit sur les photos, les élèves essaient d'avoir des "tenues" mais c'est bien difficile de les acheter neuves en raison du prix élevé.

A l'évidence, les classes sont sérieuses et les instituteurs font leur travail avec application, voyez ce tableau, pourtant venant de la salle en bois.
Habituellement, les cours ont lieu de 07:00 à 10:30 avec un le jeudi chômé. Les enseignants qui ne gagnent que de 30 à 40 € par mois, ont accepté d'ajouter une demie heure de cours par jour et de travailler le jeudi en échange de 20 € que nous leur donneront tous les mois.
Par ailleurs nous allons donner tous les deux mois deux cahiers et un stylo à chaque enfant (208 en tout).
A l'issue d'une fructueuse réunion, les instituteurs nous ont demandé en outre :
- L'achat pour chaque enfant d'une tenue neuve par an. Souvent les parents ont déjà fait cette emplette, parfois d'occasion mais il faut plusieurs changes par enfant pour une entière année scolaire.
- La construction d'un porche - portail à l'entrée de l'école, d'une classe en dure pour remplacer celle en bois, d'une salle des professeurs pour entreposer leurs affaires.

11 janvier 2008

 

Le Monde et nos amis de Sre Ambel

Le hasard veut que le même jour, Le Monde publie l'article lié
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-996609,0.html?xtor=RSS-3232
alors que nous visitions à nouveau nos amis de Sre Ambel.
Nos photos et nos discussions sur place illustrent l'article à moins que ce ne soit la journaliste qui explique ce que nous avons vu là-bas tout en apportant à notre analyse la caution du premier quotidien français.

Extrait :
Dans un autre secteur, la banque Acleda a réussi avec la même approche. Créée en 1993 comme association à but non lucratif spécialisée dans le microcrédit, elle est devenue Acleda Bank Ltd fin 2000. Une banque commerciale : horreur ! L'establishment humanitaire de Phnom Penh a crié à la trahison. Mais Acleda, détenue à 51 % par des Cambodgiens, dont ses propres employés, est aujourd'hui la deuxième banque du pays, compte 180 agences et 180 000 clients. Du microcrédit, elle est passée au méso-crédit, qui permet de dépasser le prêt de 25 dollars pour songer à la création d'une petite entreprise familiale. Cela rappelle le modèle de la Grameen Bank du Prix Nobel Muhammad Yunus, au Bangladesh. Acleda fait des petits, va ouvrir une banque cette année au Laos puis, d'ici à 2013, dans les régions pauvres de la Chine et du Vietnam.
Hé bien Reth a bénéficié d'un prêt de l'Acleda (3% l'an alors que les usuriers locaux pratiquent le 1% PAR JOUR) pour construire la maison ci dessous, juste à côté de l'ancienne, donc sur le terrain qui lui appartient.

Aucune des personnes qui lisent ce blog n'accepterait d'y rester ne serait ce qu'une nuit et pourtant c'est un progrès pour cette famille.
Evidemment, le prêt ne concerne pas le mobilier qui restera entre "sommaire" et "inexistant". Vous vous souvenez que Reth avait l'un de ses grands fils qui était devenu bonze. Un autre a rejoint son ainé. Quant au troisième, il est de santé trop fragile pour pouvoir travailler plus de 4 jours d'affilée. Reth ne peut donc compter sur ses fils adultes pour l'aider à nourrir sa famille. Quel dommage alors que la situation s'arrange au niveau de l'emploi. Il a donc toujours 5 enfants à charge.

Le goitre de sa femme ne se résorbe pas. Les médecins de Sre Ambel lui demandent de se rendre à Phnom Penh dans un hôpital spécialisé. Nous sommes prêts à l'aider financièrement si elle vient à Phnom Penh. Elle a promis de faire le voyage sous 5 jours et nous vous tiendrons au courant (opération ou non).



La journaliste du Monde reprend :
Faut-il continuer d'assister un pays dont la croissance du PIB est si forte depuis dix ans ? Sans doute, mais autrement. Le développement par le don a fait son temps. Phnom Penh et, dans une moindre mesure, Siem Reap, la ville des temples d'Angkor, présentent tous les symptômes des économies émergentes en plein boom : fièvre foncière, grues à perte de vue, embouteillages, pollution, très riches et très pauvres côte à côte.
Il est incroyable d'entendre la même chose de la bouche même de nos amis. Reth et Dok Mo -des gens intelligents, débrouillards, courageux, positifs qui dans une société occidentale seraient parfaitement intégrés avec des emplois assez importants- demandent textuellement que nous cessions de les subventionner mensuellement... en échange (ha ben oui, tout de même) d'une moto / mobylette / scooter comme tout le monde possède ici.
En effet, la raffinerie de sucre (voir nos blogs précédents) va ouvrir bientôt. Les salaires seront échelonnés entre 40 et 60 € par mois. C'est encore très peu mais si les deux parents travaillent, on arrive aux 100 € qui permettent de ne pas mourir de faim (nous ne donnons que 20 à 40 €).
Sans moto, ils ne peuvent y travailler. Il existe un système de ramassage des ouvriers de la grosse compagnie qui les ferait rentrer chez eux à 20:00 ; impossible de laisser les enfants dans les maisons de la colline, dans la nuit qui tombe à 18:30 sans électricité.
La solution qu'on nous propose là, c'est du gagnant-gagnant financièrement : nous payons des motos aux familles dont nous savons qu'elles en ont besoin et dont nous sommes certains qu'elles ne la perdront pas. C'est, là aussi, une sorte de micro crédit, car elles nous "remboursent" dans ce sens que nous ne donnons plus les mensualités.
Sponsors, pensez y. Offrez une mobylette à Reth et Dok Mo pour 500 € l'une. Un gros cadeau mais aussi un seul et ultime cadeau. Synonyme pour lui et pour son pays de l'entrée dans la cours de grands.
Nous modifions ainsi notre manière de venir en aide : ceux qui sont débrouillards n'ont besoin que d'un coup de pouce (sous la forme d'une moto), pour les plus défavorisés (femmes seules, malades ou âgées) nous devons toujours être là en attendant que le gouvernement ne prenne le relai. Même constat pour l'école dont nous vous parlerons demain.

04 janvier 2008

 

Gastronomie – La cuisine khmère deviendrait-elle tendance ?-

La cuisine khmère détrônera-t-elle ses rivales asiatiques en Europe ou en Amérique ? C’est en tout cas ce que porte à croire un récent article du très sérieux magazine américain Gourmet. "Au centre des influences thaï, chinoise et vietnamienne, la cuisine cambodgienne devrait gagner en popularité", explique notamment l’auteur de l’article dans ses prédictions épicuriennes pour l’année 2008. "La cuisine khmère a des saveurs plus profondes que sa voisine vietnamienne, elles sont plus subtiles que la thaïlandaise, et sa digestion est moins lourde que la chinoise" précise l’article. Et de conclure que c'est "une combinaison parfaite pour les célébrités avides de nouvelles sensations exotiques, mais sensibles aux plats trop pimentés". (www.lepetitjournal.com - Cambodge)

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