04 février 2008

 

Financé par les invités, affaire de tradition, de réputation et d’argent, le mariage est l’un des événements majeurs de la vie sociale cambodgienne



Plutôt que la maison, le restaurant a aujourd’hui les faveurs des khmers citadins pour le dîner (crédit: A.C.)

Vous tenez le faire-part dans vos mains. Dans trois semaines vous êtes invité au mariage d’un couple d’amis khmers. Question météo, autant se marier les pieds au sec, ce qui explique la recrudescence des festivités en cette saison.

Pas de panique donc, voici quelques conseils pour ne pas vous faire remarquer, au milieu de centaines d’invités. D’abord les vêtements. Mesdames, vous pouvez choisir entre une jolie robe et la traditionnelle tenue, sampot et haut en dentelles. Messieurs, même si les jeans ont fait leur apparition, optez plutôt pour un pantalon et une chemise légère. Sans aller jusqu’au costume cravate. Un plus serait d’arriver à la noce au volant d’une puissante berline. Histoire de montrer que vos hôtes ont des relations influentes et riches. La cérémonie, outre l’union de deux êtres aimants, a aussi pour but d’en mettre plein la vue à la famille et aux voisins.

N’oubliez pas de sourire
Pour trouver l’endroit, mieux qu’un banal GPS, laissez vous guider par la musique, forcément forte.
Tous les mariages sont calqués sur le même mode. Ils débutent vers 6h ou 7h du matin, si vous êtes convié à la procession des présents. Vous devrez porter dans les rues une coupe de fruits, des morceaux de viande ou des boissons, au son de tambourins et d’un animateur équipé d’un micro. Ensuite, la cérémonie de présentation des mariés, accompagnée de gentilles moqueries, est assurée par des humoristes, dont les plus prisés passent à la télévision. Vous êtes alors assis dans une salle de la maison chauffée à blanc par les éclairages. Eh oui, les mariés doivent paraître aussi pâles que possible sur les dizaines de clichés pris par un photographe survolté. N’oubliez donc pas de sourire même si vous ne comprenez pas tout. A suivre la cérémonie de la coupe de cheveux et un officiant plus expérimenté. Il est maintenant 11h30, déjeuner pour les proches et quartier libre pour les autres.
Rendez-vous à partir de 17h au restaurant ou sous le chapiteau à la maison, pour le dîner accompagné par un orchestre. Pousser la chansonnette n’est pas obligatoire. Si vous avez des connaissances, tâchez d’arriver ensemble, car le remplissage des tables de 10 personnes se fait au fur et à mesure. Avec le dessert, on vous remettra une enveloppe. Inscrivez votre nom et remplissez la d’espèces sonnantes et trébuchantes. Le cash fait office de cadeau. Combien donner ? En tant qu’étranger, on attend forcément beaucoup de vous. Pas moins de 10 ou 15 dollars en tout cas. A 22h tout est fini. Jusqu’à la prochaine fois !
(www.lepetitjournal.com - Cambodge) Lundi 4 février 2008

Note du bloggeur : En réalité un mariage traditionnel cambodgien dure deux jours complets d'affilée. Les petites séquences -pleines de signification religieuse ou symbolique- d'une heure ou deux se succèdent du matin très très tôt jusqu'à ce que le soleil devienne gênant.
Précisons aussi que les 10 - 15 $ que donne "l'étranger" dont parle l'article sont plutôt inférieurs à ce que donnent les Cambodgiens. 10 - 15 $, c'est vraiment le minimum que donnent les plus modestes ou... les étrangers surpris par cette coutume. Donner davantage est une marque de bonne santé.
Veuillez noter qu'à 15 $ par mariage, alors que vous pouvez être invités à plusieurs mariages par semaine pendant les 6 mois que dure la saison des pluies, à quoi il faut ajouter les frais de couture -les sampots des femmes sont faits sur mesure-, de coiffure -la choucroute noire laquée doit bien tenir-, on comprend que pour les familles de la classe moyenne, le poste "mariage chez les autres" représente la part la plus importante du budget de la famille [évidemment pas chez les riches où, proportionnellement, ces dons sont indolores, ni chez les pauvres qui sont moins invités].
L'aspect un peu guindé de la "fête" est bien noté dans l'article. En tant qu'étranger, on aura l'avantage d'être à une table plus "intéressante", celle des autres étrangers ou du maire du village ou... du ministre s'il y en a un.
La plupart des invités s'ennuient donc et tout le monde part assez rapidement, l'important étant d'avoir avoir fait "acte de présence" et d'avoir donné son obole. Seuls les gens qui prennent soin de s'alcooliser et les jeunes qui en profitent pour danser et flirter, en tout bien tout honneur, se seront un peu amusés.

Un dernier point, la musique. Si lors de la fête, il s'agit de variété plus ou moins moderne suivant l'orchestre choisi, lors des cérémonies, c'est un ensemble traditionnel qui officie. Xylophone, tambourins, guitare à 3 cordes au son aigrelet improvisent des heures durant, un peu comme les meilleurs groupes de jazz occidentaux sur un thème récurrent. C'est souvent excellent, musical, rythmé et incite à la danse khmère traditionnelle.




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