30 janvier 2007

 

La “fille de la jungle” sortie de l’anonymat mais pas de son mystère

Ratanakiri

La “fille de la jungle” sortie de l’anonymat mais pas de son mystère

RATANAKIRI (District d’Oyadao) - Assise à même le sol près de la fenêtre de la cabane qu’elle ne quitte plus depuis dix jours, les jambes étendues devant elle, murée dans le silence, elle semble indifférente au vacarme des buveurs qui tuent l’après-midi dans les ruelles du village. Quand des inconnus s’approchent, elle se caresse doucement le ventre avec les mains et ses pupilles effectuent des va-et-vient nerveux de gauche à droite. Devant son corps décharné et son regard infiniment triste, on a placé un plateau sur lequel le visiteur est invité à déposer des offrandes. Les riels sont acceptés. Depuis sa découverte le 18 janvier dernier, la “fille de la forêt”, comme l’ont surnommée les habitants du coin aussitôt imités par la presse internationale (lire ci-dessous), reste enfermée dans son étrange mutisme. Elle sait seulement dire “mè” et “p’eu”, “maman” et “papa” en langue phnong.

C’est son “papa”, justement qui a eu l’idée du plateau. C’était, selon lui, le seul moyen de calmer sa nervosité et ses désirs de fugue : “Je ne l’exploite pas, assure-t-il. Je fais seulement cela pour apaiser sa colère. Avant, ses nuits étaient très agitées. Depuis que j’ai posé ce plateau à offrandes, elle dort tranquillement”. Sul Lou, un policier phnong du district d'Oyadao, à une quarantaine de kilomètres de Banlung près de la frontière viêtnamienne, est l’homme qui a reconnu sa fille dans cette femme sortie de la forêt il y a une dizaine de jours. Elle aurait disparu avec un cousin à l’âge de 8 ans alors qu’elle gardait des buffles, s’appellerait Rochom Phieng et aurait aujourd’hui 27 ans, explique-t-il. Le policier dit avoir reconnu les deux cicatrices qu’elle porte à la main droite et à une jambe et avoir été frappé par la ressemblance avec son autre fille.

A l’en croire, sa fille a été protégée durant ses 18 années d’exil dans la forêt par des “hommes sauvages”. “Je crois vraiment à l’existence de ces hommes sauvages, qui sont pour nous, les Phnongs, comme des dieux. Mes ancêtres étaient en relation avec eux, mais je ne sais pas comment vous le prouver, car les esprits apparaissent quand ils le veulent... Je pense que ma fille ne pouvait plus les suivre parce qu’elle était malade et qu’ils ont décidé de nous la ramener”, poursuit-il. Quand la fille de la forêt a été attrapée par des habitants d’un autre village frontalier du Viêt-nam à qui elle avait volé des vivres, un homme aux cheveux longs portant une épée et le corps recouvert de tatouages aurait été aperçu à ses côtés.

Etranges cicatrices

Si cette théorie convainc nombre d’habitants du village, un voisin de Sul Lou, Vuthy, membre du conseil communal, se montre beaucoup plus prudent et demande même que des tests sanguins soient pratiqués pour s’assurer que la femme de la forêt est bien la fille de son père, ce que Sul Lou consentirait à faire. “Je rends souvent visite à cette femme, et je me dis que si elle avait réellement vécu 18 ans dans la forêt, elle aurait l’air d’une femme sauvage. Elle aurait les cheveux et les ongles longs, les pieds abîmés... Or elle a les cheveux coupés courts, bien lisses, les mains et les pieds en bon état à part les deux grandes cicatrices bizarres sur le bras gauche”, fait-il remarquer. Outre sa cicatrice à la main droite que dit avoir reconnue son père, Phieng porte deux larges cicatrices circulaires autour de son bras gauche qui alimentent la thèse selon laquelle elle aurait pu être tenue captive. Une théorie qui ne convainc guère Chey Sayœun, vice-gouverneur du Ratanakiri : “Si cette femme avait été retenue prisonnière en vue d’une quelconque exploitation, elle aurait été libérée rapidement, pas après 18 ans jusqu’à perdre l’usage de la langue”, fait-il valoir. Une troisième hypothèse en vogue, véhiculée par les médias viêtnamiens qui ont dévoilé cette histoire au public avant qu’elle ne soit reprise par la presse internationale, voudrait que la jeune femme soit en réalité membre d’une minorité ethnique des haut-plateaux viêtnamiens et se soit perdue dans la jungle, peut-être en tentant de rejoindre le Cambodge.

“Personne n’en parle ici”

Si cette mystérieuse histoire excite la curiosité des Phnompenhois et de la presse internationale, elle n’émeut en tout cas guère les habitants du Ratanakiri, qui ne voient apparemment rien d’exceptionnel à ce que quelqu’un puisse vivre dans la forêt, et en sortir un jour. “C’est vrai qu’à Phnom Penh, beaucoup de gens semblent surpris par cette affaire. Je reçois des coups de fil de différentes ambassades comme celle du Japon ou d’Australie, et j’ai même entendu que des Américains voulaient l’adopter! Il n’y a pourtant rien de bizarre là-dedans. Il y a quelques temps, un groupe de personnes qui vivaient dans la jungle au milieu des animaux sauvages depuis la fin de la guerre a également été découvert près de la frontière laotienne”, rappelle-t-il. Une vendeuse de fruits de Banlung reconnaît avoir entendu parler de cette histoire... par des touristes. “Personne n’en parle ici. J’en ai entendu parler par un Phnompenhois. Je me demande seulement comment elle a pu se nourrir de plantes pendant 18 ans pour finalement se faire attraper en volant des sacs de riz dans un village...”

Ung Chansophea
Cambodge Soir

 

Prochaines ventes d'objets asiatiques au profit des familles de Sre Ambel

08 mars pour le personnel de la SNCF
18 mars à la sortie de l'église de Noisiel à 12:00
13 mai à La Ferté sous Jouarre tout la journée (fête de l'amitié entre les peuples animée par l'association "Amitiés sans frontières")
22 mai dans le hall de l'Institution Note Dame de la Providence, Vincennes (toute la journée)
Venez jeter un coup d'oeil vous serez surpris!


Par ailleurs, si vous connaissez un lieu, une occasion, une fête où nous pourrions présenter nos objets, n'hésitez pas à nous contacter. chantal.osorio@wanadoo.fr .
Très honnêtement, ce que nous vendons, outre d'être issu du commerce équitable, est vraiment très beau et effectivement moitié moins cher que dans les boutiques spécialisées dans les objets exotiques.

27 janvier 2007

 

Rath et Ry bien occupées

Rath et Ry nous ont demandé de leur payer davantage encore d'heures de cours par jour.
Rath, le matin continue son apprentissage de coiffeuse / esthéticienne.
Ry, "travaille" comme tailleur puisque c'est ce qu'elle a appris. Elle est payée environ 10 € par mois. Ce qui justifie que nous continuions à l'aider et ce qui est justifié par le fait que sa machine à coudre est vétuste et qu'elle est encore débutante.
Maintenant, ces deux soeurs étudient, outre le Thai, l'anglais et le secrétariat.
Nulle doute qu'avec leur volonté, leur dynamisme, leur courage, cet investissent sur l'avenir portera ses fruits. Des photos accompagneront cet article la semaine prochaine.

18 janvier 2007

 

La plupart des familles que nous aidons à Sre Ambel sont concernées

Foncier

Des villageois de Koh Kong en conflit avec des compagnies de cannes à sucre

Les ONG de défense des droits de l’Homme continuent à se mobiliser en faveur des habitants de trois villages de la province de Koh Kong en conflit depuis plusieurs mois avec les compagnies Koh Kong Sugar Industry Company Limited et Koh Kong Plantation Company, dont l’Okhna Ly Yung Phat, homme d’affaires et sénateur PPC, est l’une des actionnaires. Lundi, la Licadho, le Centre des droits de l’Homme du Cambodge et le Centre d’éducation pour la communauté ont adressé des courriers à différentes autorités locales et nationales pour obtenir des informations sur l’impact environnemental de ces concessions économiques et leurs opérations de défrichages. Le même jour, lors d’une conférence de presse organisée par NGO Forum et Oxfam Grande-Bretagne, un représentant des villageois a indiqué vouloir solliciter l’intervention du Premier ministre pour résoudre ce conflit. “Nous ne pouvons pas vivre sans terres”, a expliqué Sim Chuon. Selon lui, la compagnie Koh Kong Sugar Industry a proposé entre 150 000 et 300 000 riels aux villageois pour prendre possession de leurs terrains. “Si c’est pour que nous devenions des esclaves de ces compagnies, je préfère garder mon terrain pour le transmettre à mes enfants. Je ne veux pas que mes enfants deviennent des esclaves”, s’indigne le représentant de ces villageois.

En août 2006, le ministère de l’Agriculture a accordé une concession économique de 90 ans aux deux compagnies sur près de 20 000 hectares pour y exploiter de la canne à sucre. Près de 10 000 hectares sont situés sur le district de Sré Ambel. Selon les documents transmis par les ONG aux autorités, les habitants des villages de Chhouk, Chi Khor et de Trapeing Kondor ont été déjà été spoliés de 507 hectares, défrichées par la compagnie. Près de 1400 hectares doivent encore être exploités par les compagnies, privant les villageois des revenus que ces terres leur procurent.

Selon Yuth Phouthang, gouverneur de la province, les deux compagnies ont jusqu’à présent planté environ 4 000 hectares de terre et des villageois de la région ont été employés sur la plantation avec un salaire de 10 000 riels par jour. “Je vois que ces gens sont contents de travailler pour ces compagnies. En cette saison, ils ne pourraient pas gagner cette somme avec leur activités habituelles”, remarque le gouverneur, assurant âtre disponible pour rencontrer ceux qui sont en litige avec les deux compagnies “afin de trouver une solution”.

Pour Ly Yung Phat, cette affaire semble relever de la manipulation. “Ce sont les partis d’opposition et les ONG qui sont derrière tous ces problèmes. Nos compagnies sont légales. Et si on fait comme le souhaitent les partis d’opposition et les ONG, alors les compagnies fermeront leurs portes immédiatement”, peste l’okhna.

Kang Kallyan


17 janvier 2007

 

L'âge des enfants de Sre Ambel



Liste des enfants scolarisés que nous sponsorisons dans les hameaux du district de Sre Ambel

Nous avons ajouté l'âge des enfants.

Mais comme on le voit sur la photo, où Ming Oun recompte l'argent que nous venons de lui distribuer en votre nom, il y a beaucoup d'enfants d'âge préscolaire. Ah! si nous pouvions ouvrir une école maternelle...


Nom de l’enfant

Sex

Niveau

Age

1.Pov Nimul

F

4

13

2.Pov YangKo

M

1

9

1. Mong Nget

F

7

17

2.Phi Mon Kom

F

4

13

1.Tha Pen On

F

7

17

2. Tha Ton

F

4

13

1. He Hot Rabanak

M

4

12

1. Pen Noy Ba

F

3

11

2. Pen Me Non

M

2

11

3. Pen chit

F

1

8

1. Ang Kao

F

2

10

2. Ang Cham

F

4

14

3. Ang The On

M

4

13

4. Ang Me on

M

1

8

1. Thol

M

3

12

2. Tap

M

1

7



11 janvier 2007

 

Une première description rapide de l'école primaire au Cambdoge

En raison de l'absence de salle de classes en suffisance, il y a deux groupes d'écoliers qui se succèdent dans les mêmes locaux. Une "fournée" de 7 heures du matin à 11 heures et une autre de 13 à 17 heures. Chaque élève ne fait que 4 heures par jour, soit le matin, soit l'après midi. Ceci en alternance : le groupe du matin vient l'après midi le mois suivant. Il en résulte qu'une même salle classe abrite des groupes classe différents, on n'affiche donc quasiment rien au mur et les classes sont tristes. De même les élèves ne laissent jamais rien à l'école.
Les instituteurs ne font donc aussi "que" 4 heures par jour. Il faut dire qu'ils sont si mal payés qu'il doivent avoir un autre métier pendant leur temps libre (moto taxi, agriculteur, etc.). Dans notre hameau de Sre Ambel, très peu peuplé, il n'y a qu'un groupe d'écoliers (le matin), l'école est donc toujours vide l'après midi.
Lorsqu'ils enseignent dans un milieu où les parents ont de quoi payer, les instituteurs organisent des "cours supplémentaires obligatoires" pour leur éviter d'exercer un autre métier. Ils se font payer pour enseigner pendant une heure supplémentaire (par exemple de 11 heures à midi). Ils font bien attention de ne pas enseigner tout le programme pendant les 4 heures gratuites, ainsi les élèves sont obligés d'assister au cours supplémentaire pour connaître la totalité du programme. D'autres font plus simple et demande l'argent pendant les heures normales de classe.
Les directeurs d'école se financent en faisant payer le garage à vélo ou en faisant payer les dames qui vendent de la nourriture à l'intérieur de l'école.
Il faut bien compenser des salaires de 20 € dans un pays où une famille ne peut pas vivre avec moins de 100 € par mois.
Les élèves portent bien évidemment un uniforme, appelée tenue dans les département français qui pratiquent cela. La chemise est blanche, le short ou la jupe sont bleus marine. Si l'on veut éviter d'avoir à faire la lessive tous les jours, il faut au moins deux tenues. Elles sont souvent achetées d'occasion sur les marchés, rebuts venant de Corée ou de Taïwan. Normalement, le nom de l'élève et de l'école sont brodés sur la chemise. Tout autre vêtement est inutile, en raison du climat. Les cols sont souvent élimés jusqu'à la corde et la blancheur originelle est évanouie depuis bien longtemps pourtant les écoliers donnent l'impression d'être propres dans la mesure de ce qui leur est possible.
A l'école,il fait une chaleur insoutenable d'avril à juin. Il n'y pas l'électricité ou bien les fils ont été volés ou bien il n'y a pas d'argent pour payer la facture d'électricité. Donc pas de ventilateur.
Les classes étant ouvertes à tous les vents, elles sont très bruyantes. On bénéficie de ce que raconte le professeur d'à côté et aussi du bruit des travaux effectués dans le quartier et on ne parle pas de la poussière.
L'année scolaire est restée semblable à celle de la France, ancienne puissance coloniale. Cependant la rentrée n'a lieu qu'en octobre après 3 mois de vacances. Il y a de nombreux jours fériés qui donnent lieu à des ponts mais assez peu de petites vacances.
La Thaïlande voisine prend ses grandes vacances de mars à mai car il fait trop chaud pour travailler. A partir de juin, dans les deux pays commence la saison des pluies, plus propice à la concentration... sauf qu'au Cambodge, les fenêtres n'ayant pas de vitres, il faut fermer les volets de la classe pendant l'orage et on ne mentionne même pas les routes asphaltées inondées qui rendent tout déplacement problématique.
Les écoliers ont quelques cahiers de très mauvaise qualité dont on se servirait à peine comme brouillon en France. Les quelques manuels scolaires sont aussi tristes, en noir et blanc et imprimés sur du papier jauni.
Les classes en ville sont surchargées. La pédagogie n'est pas centrée sur l'apprenant aussi les professeurs débitent leur cours. Malheur à celui qui ne comprends pas ou qui, pire, comprend tout de suite.
Il n'y a quasiment pas de matériel didactique à part les éternelles cartes du pays et les alphabets géants. Parfois une vieille affiche partiellement déchirée offerte par une ONG de passage rappelle qu'il est important de se brosser les dents.
Le corps professoral ne s'est pas encore remis de la période Khmer Rouge et comme les salaires sont très bas, ce ne sont pas les meilleurs étudiants qui deviennent instituteurs, certains n'ont pas le bac.
Mal payés, mal formés, pas respectés par les parents aisés, travaillant dans des conditions déplorables, les enseignants auraient toutes les raisons de ne pas être motivés. D'ailleurs certains ne le sont pas. Et pourtant, la majorité d'entre eux se donnent à fond à leur travail (toute ressemblance avec des contrées plus à l'ouest, n'est que pur hasard).
De même, ce qui frappe, c'est que, malgré tout, les enfants sont avides d'apprendre et que les parents vénèrent le savoir et veulent que leurs enfants étudient.
Toutes les familles s'accordent sur le fait que les enfants doivent suivre un maximum d'heures de cours pas jours. Ainsi en ville, s'est créé une véritable industrie du cours privé. En ville, les élèves libres soit le matin soit l'après midi du fait de leurs cours "à mi temps" à l'école publique suivent des cours complémentaires soit pour réviser le programme de l'école Cambodgienne, soit pour apprendre l'anglais.
Il n'est donc pas rare que les enfants assistent à leur premier cours à 7 heure du matin et à leur dernier à 7 heures du soir.
Chaque petite ville possèdent au moins 10 écoles d'anglais. La plupart sont de qualité très médiocre car les professeurs locaux répètent, en en oubliant une partie, ce qu'ils ont appris quelques années plus tôt. Les grandes villes possèdent des cours d'anglais de qualité, des écoles publiques de qualité et des cours privés de qualité.
Les enfants étant les mêmes partout, les cours de récréation résonnent des mêmes jeux qu'ailleurs (à moins que les jeux électroniques aient colonisés les écoles françaises). Un professeur tapent avec un morceau de bois sur un essieu de camion pour annoncer le début des cours, les élèves se mettent en rang et entrent en classe.
L'état d'esprit est encore assez proche celui de la France : l'année scolaire est ponctuée de contrôles, compositions, notes, examens à l'opposé du mode anglo saxon.
L'école primaire se déroule en 6 années, le collège 3 et le lycée 3.
L'abandon en cours de route est important.
En fait, ce qu'on demande surtout à l'école primaire c'est d'enseigner à lire et à écrire. Tâche pas si aisée lorsque l'alphabet se compose de 72 lettres qui ressemblent à des spaghettis énervés. Le taux d'analphabétisation est énorme, surtout chez les femmes.
Depuis que l'aide internationale s'est penchée sur le berceau Khmer, ce sont des milliers d'écoles qui ont été construites. La plupart du temps assez sérieusement mais à l'économie. Ainsi, on a pensé aux toilettes mais le raccordement n'est pas effectué ou bien elles sont bouchées après un an ou bien le directeur les maintient fermées de peur qu'elles ne s'abîment pas. Bon, les enfants ne restent pas plus de 4 heures dans les locaux...
L'école est quand même un lieu de vie où l'on peut manger. Il n'est pas traditionnel de manger avant de partir à l'école ni d'apporter son casse croûte, aussi les familles qui ont un peu d'argent donnent trois sous d'argent de poche (5 centimes) à l'enfant qui s'achètera quelques chose à la récréation de 9 heures.
Toute question complémentaire est la bienvenue.









 

Rath et Rhy le 1er janvier


Rath et Rhy vont bien et sont heureuses. Bon, ça ne parait pas sur cette photo prise le 1er janvier 2007... En fait, elles viennent d'apprendre qu'elles n'auraient pas le temps d'aller passer quelques jours à Sre Ambel à l'occasion du Nouvel An International. Nous nous engageons donc à leur permettre de prendre une semaine de congé pendant le Nouvel An Chinois (18 - 25 février) et, bien éveidemment, pendant le Nouvel An Khmer (10 - 17 avril).
Ah! Quelle chance d'avoir 3 Nouvel An par an.

09 janvier 2007

 

De la corruption

Il existe différents de types de corruption. Celle que l'on connaît en France n'a rien à voir avec celle de la Russie, du Brésil, de l'Afrique, de la Thaïlande ou du Cambodge.
En ce qui concerne le Cambodge on sait qu'elle est endémique et présente du haut en bas de l'échelle sociale. Elle représenterait 30% du PIB. Ce pays est l'un des plus corrompus du monde et pourtant au vu de sa pauvreté on peut affirmer que si, en proportion, les sommes détournées sont importantes, en valeur absolue elles sont modestes.

La revalorisation du salaire : c'est la plus répandue. En France, un certificat de naissance est gratuit car le fonctionnaire qui le rédige reçoit un salaire qui lui permet de vivre décemment. L'état lui-même se finance grâce à l'impôt.
Dans un pays pauvre où il n'y a quasiment pas de revenu donc très peu d'impôt (une vague TVA presque jamais appliquée), le gouvernement ne peut pas payer les fonctionnaires plus de 20 € par mois. La personne en charge de délivrer les certificats de naissance va donc demander aux usagers de payer le document.
C'est de la corruption mais la personne qui demande le certificat de naissance, comme elle ne paie pas d'impôt, sait bien qu'il lui faudra payer à un moment ou à un autre, le fonctionnaire face ayant une famille à nourrir. Par ailleurs, il s'agit simplement d'une sorte de privatisation. A un moment où l'on privatise les prisons en occident, on peut envisager que l'état civil puisse être privatisé en France ou pour le moins qu'on lui demande d'être rentable.
Il y a corruption et injustice au Cambodge parce que le système est arbitraire. Le coût du certificat de naissance peut varier d'un bureau à un autre et même être fonction de "la tête du client". Par ailleurs, les fonctionnaires qui n'ont rien "à vendre" restent pauvres. Il peut y avoir redistribution (les policiers de la route reversent une partie de l'argent extorqué aux automobilistes à leurs supérieures travaillant au bureau) mais tout reste opaque et malsain.
Au passage notons que les officiers d'état civils ou les policiers aux carrefours ou les instituteurs qui se font payer des "cours supplémentaires obligatoires" restent pauvres et n'ont donc pas plus d'argent que les personnes auxquelles ils ont affaire.
Évidemment plus on monte dans la hiérarchie, plus les sommes engagées sont importantes. Les hauts fonctionnaires qui délivrent les passeports (bien plus chers qu'en France) ou les titres de propriété immobiliers perçoivent des montants beaucoup plus importants.

L'aide sociale : celle ci était encore présente en France très récemment sous une forme moins personnalisée. Il s'agit pour les députés et ministres qui après avoir beaucoup dépensé pendant la campagne électorale "se remboursent" en exigeant des entreprises quelques cadeaux substentiels, en contre partie d'autorisations exceptionnelles, passe droit et autres marchés publics arrangés. Une partie plus ou moins importante de ses sommes sert à construire des écoles qui prendront le nom... non pas de la compagnie qui l'a financée mais de l'homme politique en question. Partant, les électeurs seront enclins à voter pour un député ou ministre ou un parti politique si généreux. Là encore, le principe n'est pas totalement mauvais -puisque le peuple bénéficie du système- mais comme tout se fait dans l'opacité la plus totale on ne peut pas être certains de la justesse des dépenses.

Les requins : il s'agit de vol pur et simple. C'est le gouverneur qui autorise des coupes de bois précieux dans des parcs nationaux protégés et qui partant reçoit un pot de vin de la compagnie qui va exploiter la forêt, c'est le ministre qui vend un bâtiment public (avec parfois une redistribution au sein du ministère en fonction du grade de chacun), c'est une partie de la subvention de la Banque Mondiale ou d'un gouvernement ami qui est détournée (l'organisme paie pour une route d'une épaisseur de 30 cm de goudron et on en met que 10 cm donc la route est détruite en 3 mois). Ces gens là sont assez faciles à reconnaître, ils roulent en 4x4 rutilantes dans les rues de Phnom Penh.

La mafia : Une certaine proportion des hauts gradés de l'armée et de la police sont de véritables bandits (impliqués dans les trafics de drogue, dans la "protection" des endroits de plaisir, dans la collusion avec les mafias). Ajoutons que c'est la cas de la majorité des pays de la planète.
Dans les familles éduquées et qui possèdent des valeurs humanistes et religieuses, on dissuade les garçons d'entrer dans la police et l'armée car, même si c'est une assurance d'avoir un avenir aisé, c'est aussi une honte et le risque d'avoir un mauvais karma.

La rente : Les postes de la haute administration sont "en vente" à un prix qui dépend de la possibilité ensuite de faire fructifier cet investissement. Ainsi un emploi de douanier coûte cher mais c'est l'assurance de toucher des pots de vins jusqu'à la retraite. C'est ce qu'on appelle l'économie de rente. Certaines forces vives de la nation ne cherchent pas à travailler, ni dans un mode capitaliste, ni dans un mode socialiste, elles attendent simplement des revenus qu'elles considèrent mériter du simple fait de leur position.

La corruption au carré : plus on crée d'organismes de contrôle de la corruption, plus on génère de corruption car, en plus du fonctionnaire de base, il faut payer celui qui est chargé de le surveiller. Il existe de nombreux pays dont l'ancien président est, actuellement même, en prison pour corruption (les Philippines par exemple) mais où elle continue de fleurir.

L'abus de bien social : il est absolument partout. Même au sein des ONG occidentales dont les travailleurs (payé de 10 à 100 fois plus cher que leur homologue locaux) vont manger le soir au restaurant au volant de leur 4x4 de fonction. L'abus de bien social est rarement perçu comme de la corruption, même en occident. Il faut reconnaître qu'il est difficile à cerner et qu'on peut s'en rendre coupable sans même s'en rendre compte.

Non la corruption n'est pas liée aux races ou à la géographie. Singapour est un pays moins corrompu que la France (5ème pour le pays Asiatique, 18ème pour le nôtre). La corruption diminue lorsque la classe moyenne d'un pays s'enrichit facilement par des moyens honnêtes et lorsque les bandits sont clairement identifiés et mis sous les verrous mais il faut des générations pour modifier les façons de penser.
C'est par le bas qu'on l'éradique. Si les petits fonctionnaires ne peuvent plus avoir de pratiques que l'on peut qualifier de corrompues, c'est à dire lorsque le certificat de naissance devient vraiment gratuit, alors cette classe moyenne devient excédée (voire jalouse) de la façon d'agir de nombre de ses édiles. Ce sont de simples petits juges qui ont fait tomber les maires et ministres français qui se sont retrouvés en prison récemment.

07 janvier 2007

 

Nos adresses à Phnom Penh

Cozyna Hotel, 1A Sisovat Quay, au bord du fleuve. Parfaitement placé, ce petit hôtel offre malheureusement un éventail de chambres hétéroclite. Les chambres aveugles sont déprimantes, les belles chambres sur le fleuve ont une vue exceptionnel mais il faut supporter le bruit. Les chambres qui donnent sur l'arrière sont les plus intéressantes. Pas très bon marché et par sur Internet (20 / 27 €)

Riverside Hotel, toujours Sisovat Quay mais un peu plus excentré. Excellentes chambres pour un prix modique. Possibilité de réserver sur Internet (20 €). Vérifier la climatisation. Service pas très professionnel.

Bun Sreang Chin, l'un des nombreux chauffeurs avec voiture de la ville (il est impossible de louer des automobiles pour les conduire soi même et il n'y a pas de taxi ailleurs qu'à l'aéroport). Il suffit de l'appeler et il vient vous attendre à l'aéroport ou à votre hôtel. +855 12 855 281. Bonne voiture (le point le plus important à vérifier est la climatisation car les véhicules sont souvent assez âgés). Fiable et gentil.

Sakrava, café restaurant, # 12 rue 118, à deux pas du qui Sisovat. Si vous êtes fatigués des restaurants du quai qui se ressemblent tous, visiter Sakrava. Le cadre est vraiment agréable, il s'agit d'une sorte de jardin. La nourriture y est principalement khmère et les prix bien inférieurs à ceux des concurrents.

Phnom Penh café internet, 19E Sisovat Quay. Rien à voir avec les voisins : les écrans sont plats, l'air conditionné et les liaisons rapides. Firefox et IE sont même à jour!

Eurasie Travel, une agence de voyage francophone. 86 rue Pasteur (pas facile à trouver). Mieux vaut contacter Mme Neary ou Mr Reaksmey par téléphone (063 427 114) ou courriel et.tvl@online.com.kh. Le patron, président de l'association des agents de voyage du Cambodge, a écrit un livre très poignant en français où il raconte sa vie sous le régime Khmer Rouge.

Au célèbre marché russe (Tuol Tum Poung), toutes les propriétaires de boutiques sont sympathiques et honnêtes, cependant Mme Meng Kim Sy (stand # 291) est encore plus agréable que les autres. Elle est francophone et n'hésitera pas à vous faciliter la visite.

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