29 décembre 2006

 

Le Ballet royal : une destinée cambodgienne

Le Ballet royal :

une destinée cambodgienne

L’exposition au musée national des aquarelles de danseuses cambodgiennes réalisées

en 1906 par Auguste Rodin

est l’occasion de revenir

sur la place du Ballet royal

dans l’histoire du Cambodge.

Aux origines, une légende. Les Apsaras, ancêtres des danseuses et musiciennes du Ballet royal, seraient nées du barattage de la mer de lait dans une dernière bataille entre dieux et démons. Après leur victoire, les dieux emmenèrent au paradis ces envoûtantes “femmes qui marchent sur l’eau”. Sculptées sur les temples d’Angkor, présentées comme les héritières des ancêtres mythiques du peuple khmer, les Apsaras deviennent d’emblée un symbole associé à la puissance cambodgienne. Pendant plusieurs siècles, les danseuses sacrées vivent enfermées à la cour ou dans les temples, consacrées corps et âme à leur rôle de médiatrices entre les hommes et les dieux. Attachées aux célébrations religieuses, elles interprètent également le Reamker (version khmère de l’épopée indienne Ramayana) ou des épisodes de la vie de Bouddha.

Au XIIIe siècle, le retrait. Le bouddhisme theravada s’étend sur le territoire, les cérémonies religieuses s’en trouvent modifiées, épurées. Certaines danseuses pas directement affiliées à la cour se retrouvent alors au chômage et regagnent leurs provinces où elles perpétuent l’art de la danse en y diffusant leurs connaissances et en l’enrichissant de contes populaires.

Au XVe siècle, l’enlèvement. Les Siamois qui multiplient les incursions au Cambodge, finissent par prendre Angkor Wat en 1431, ils pillent la ville et emportent avec eux tout ce qui incarne la puissance khmère, dont les lettrés (les brahmanes) et le Ballet royal. Paradoxalement, c’est peut-être ce qui sauve la danse classique khmère car à la cour d’Ayuthaya, les danseuses transmettent leur savoir.

Au XIXe siècle, les soubresauts. Lorsque Ang Duong monte sur le trône en 1842, il s’applique à réorganiser le Ballet royal et à codifier un certain nombre de choses : finis les mouvements rapides des épaules et de la poitrine, finis les gestes inspirés de l’opéra annamite, finies les représentations torse nu, les femmes sont vêtues de la tête aux pieds de costumes dessinés par le roi en personne. Le Ballet retrouve un certain prestige tandis que le Cambodge échappe progressivement aux suzerainetés thaïe et viêtnamienne et passe sous la coupe des Français. Sous le règne de Norodom, les hauts personnages de la cour sont flattés lorsque leurs enfants intègrent l’école de danse du palais royal. L’apogée de 1903 s’avère éphémère. Elle cache entre autres l’appauvrissement du répertoire et la baisse du niveau technique des danseuses. Comme le protectorat rechigne aux dépenses de la cour et impose des restrictions budgétaires, en 1904, année de la mort du roi Norodom, la troupe passe de 500 à 100 danseuses. Certaines qui quittent le palais royal créent leur propre troupe en bénéficiant de la protection des notables du royaume.

Début du XXe siècle, des sauvegardes épisodiques. Sisowath, fils de Ang Duong, cherche comme son père à rendre au Ballet royal son éclat d’antan lorsqu’il succède à Norodom. Le large succès des représentations en 1906 à l’Exposition coloniale en France n’est en fait qu’un sursaut, magique certes, mais la dernière heure de gloire avant que les intendants du protectorat réduisent les frais du Ballet. Impuissant face au recul des traditions, le roi aurait conseillé à ses danseuses de suivre des études plutôt que de rester au palais. “Nous assistons à l’agonie des danseuses khmères. Elles ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. Elles n’ont plus que leur dernier costume”, s’alarme George Groslier alors directeur de l’Ecole des arts (connu aussi pour avoir fondé le musée de Phnom Penh). Pour les sauver, un groupe de danseuses est placé sous la tutelle de son école en 1928, elles deviennent fonctionnaires. La relance est de courte durée. Le vol à Saïgon, à l’occasion d’un spectacle, des 25 kg de bijoux et de pierres précieuses par celui qui en avait la garde pousse le palais à se réapproprier le Ballet. Mais la troupe vole en éclats : certaines danseuses ne souhaitant pas abandonner leur statut de fonctionnaire rendent leur costume, les anciens du Ballet royal sont appelés à la rescousse pour remplacer les démissionnaires. Finalement, la tournée en France de 1931 sera assurée par une troupe privée et non par le Ballet royal. Comme en 1906, les représentations ont un écho fabuleux, masquant la réalité de la déliquescence de cet art au Cambodge. La volonté du gouvernement de Vichy de dissoudre le Ballet royal inflige le coup de grâce.

Le milieu du XXe siècle, la résurrection. Le Ballet royal se serait probablement éteint sans la persévérance d’une ancienne danseuse, Khun Meak, qui enseigna toutes ses connaissances à une vingtaine de danseuses pendant quatre longues années de travail et qui, dans l’ombre, prépara le réveil de la troupe. On doit l’orchestration de cette résurrection à la reine Kossamak (voir encadré) dans les années 1950 et au président Norodom Sihanouk qui ouvre le Ballet à d’autres couches de la société (par le biais de l’ouverture en 1964 de l’Université royale des Beaux-arts à laquelle le Ballet est intégré) et le porte en symbole de la nation cambodgienne dans ses nombreux voyages officiels où musiciens et danseurs l’accompagnent. Sa fille, la princesse Buppha Devi, étoile du Ballet, devient sa meilleure ambassadrice de la culture khmère.

Les années 1970, le trou noir. Les déchirements politiques ont raison du Ballet royal. Le coup d’Etat de Lon Nol en 1970 pousse la troupe à la discrétion. Sous les Khmers rouges, qui achèvent de disperser les artistes, 90% des danseurs et maîtres de ballet qui enseignaient oralement, de maître à élève, disparaissent. Les quelques survivants reprennent le flambeau au théâtre Suramarith, sur le front de Bassac, et sont rattachés à l’Ecole des Beaux-arts créée en 1980. Partout où ils les découvrent, ils récupèrent instruments ou costumes, souvent retrouvés en lambeaux. Ils rapiècent comme ils peuvent. Tout est fait de bric et de broc mais ils s’accrochent. Dans les années qui suivent, les artistes assurent des tournées en province et à l’étranger jusqu’à ce que le gouvernement y mette fin quand des membres du ballet profitent de représentations aux Etats-Unis pour demander l’asile politique.

Les années 1990, la reconnaissance internationale. Après les Accords de paix de 1991, Sihanouk rentre d’exil. Sa fille Buppha Devi, nommée vice-ministre de la Culture et des Beaux-arts, puis ministre de la Culture en 2000, veille sur le Ballet. Elle travaille en particulier à le faire inscrire comme chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’Unesco. Mission accomplie le 7 novembre 2003. Pourtant, ni le statut de fonctionnaire ni la reconnaissance internationale de leur art ne garantit aux danseuses et aux musiciens la pérennité de leur héritage. L’avenir reste incertain, fragile. L’histoire a prouvé qu’il suffit parfois de la volonté de quelques-uns pour que tout bascule mais aussi renaisse.

Anne-Laure Porée

Que lire sur la danse Apsara?

Le palais du roi du Cambodge de Julio A.Jeldres et Béatrix Daydé-Latham aux éditions

du Mékong.

Les danseuses sacrées d’Angkor de Christophe Loviny, aux éditions Seuil/Jazz. Une version khmère est disponible éditée par le Sipar.

Le Ballet Royal, document édité à l’occasion

de la reconnaissance du ballet au patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

Comment la reine Kossamak a orchestré

la renaissance du Ballet royal

Elle s’assura grâce au roi Norodom Sihanouk, son fils, quelques émoluments pour financer la renaissance du Ballet royal. Elle fit loger au Palais sept anciennes premières danseuses afin qu’elles transmettent aux plus jeunes leur savoir. Une troupe de 48 danseuses put ainsi reprendre le répertoire traditionnel. Elle ouvrit les rôles de singes aux garçons tandis que tous les autres, princes, dieux, géants, princesses ou déesses, restaient assumés par des filles. En 1965, le Ballet royal comptait 300 enseignantes et 500 élèves recrutées dans toutes les couches de la société. Des femmes travaillèrent d’arrache-pied à la reconstitution des costumes les plus délabrés. La reine ouvrit des salles à l’entraînement des danseuses, dont la salle Chanchhaya pour les grandes répétitions. Elle reprit le répertoire, découpa le Reamker (équivalent khmer de l’épopée indienne du Ramayana) en différentes séquences afin que les représentations soient plus courtes (avant elles duraient toute une nuit) et que les épisodes soient dansés de manière autonome. Elle étudia dans le détail les sculptures des temples pour revenir aux sources de la danse des Apsaras. Tous les ajouts faits sous influence étrangère aux costumes et aux chorégraphies furent supprimés. Elle créa un répertoire inspiré de ses observations archéologiques, par exemple le ballet intitulé “Apsara”, en 1962, qui raconte comment cinq Apsaras sculptées prennent vie, descendent de leur niche sur le temple pour danser dans la nature avant de reprendre leur place dans la pierre, immobiles. La reine introduisit également les éclairages et la mise en scène. Surtout, elle encouragea les dons de la princesse Buppha Devi qui, très jeune, s’imposa comme étoile du Ballet royal et elle la fit entraîner à domicile, contre les règles de l’étiquette. “Ma grand-mère a eu beaucoup de courage, confie la princesse Buppha Devi. Quand je pense à tout ce travail pour sauvegarder ce patrimoine... C’est précieux, pas seulement pour les Cambodgiens.”

A-LP

25 décembre 2006

 

Tous nos voeux

Joyeux Noël,
Bonne année 2007
et
Merci encore
de la part de tous nos amis de Sre Ambel

23 décembre 2006

 

Des lycéens confrontés pour la première fois au passé

Musée Tuol Sleng

Ils ne pleurent pas comme leurs aînés le font en se replongeant dans le cauchemar khmer rouge que retrace, photos et instruments de torture à l’appui, le musée Tuol Sleng. Chez ces élèves de terminale du lycée Hun Sen Angsnoul, de la province de Kandal, c’est plutôt la colère qui domine, une fois passé le choc de la découverte d’atrocités qu’ils ne soupçonnaient pas, ou dont ils niaient la réalité. Sur une initiative du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam), 404 lycéens ont visité hier les lieux de cette triste mémoire - S-21 et le charnier de Chœung Ek - et le site des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, à Kambol.

“J’y crois, j’y crois maintenant...”, lâchaient plusieurs d’entre eux, postés devant des crânes ou un tableau de scènes de torture. “Maintenant je crois à 100% les horreurs commises sous le régime de Pol Pot. Mes parents avaient bien essayé de m’en parler mais je trouvais leurs récits trop invraisemblables. C’est parce que je ne pouvais pas me représenter ce genre de choses...”, relève Sideth, 18 ans, qui jure, une fois rentré à son village, de raconter ce qu’il a vu et de convaincre ses amis et voisins, tout aussi dubitatifs sur ce chapitre de l’histoire que lui avant cette visite à l’ancien centre de torture. Visal déplore quant à lui l’impasse qui est faite sur ce sujet dans le programme scolaire. Un situation qui devrait être révolue à la rentrée prochaine si le manuel rédigé par le DC-Cam sur les Khmers rouges à l’attention des lycées et des étudiants est accepté par le Conseil des ministres dont un comité spécial examine actuellement l’ouvrage.

La plupart de ces lycéens confiaient attendre les procès des anciens hiérarques et criminels khmers rouges. Pour Sovanna, leur jugement serait un exemple, et éloignerait le risque qu’une autre dictature ne s’installe à nouveau dans le pays. “Nous sommes une génération née après la guerre. Nous ne voulons pas vivre dans la tourmente qu’ont connue nos parents...”, appellent de leurs vœux ces jeunes. Linda prend avec son téléphone portable des photos des instruments de torture, tout en expliquant qu’elle veut la tenue de procès au plus vite “pour enfin rendre justice aux victimes”. “Les gens qui volent sont condamnés par la justice, alors pourquoi les anciens responsables khmers rouges sont-ils toujours en liberté?”, interroge-t-elle.

Sarin, plus au fait du sujet que bon nombre de ses camarades, s’étrangle de colère devant les portraits des anciens cadres du régime génocidaire. “Mes grands-parents ont perdu la vie sous ce régime. Pourquoi les Nuon Chea, Khieu Samphan et autre Ieng Sary n’ont-ils pas été écroués comme Duch? Le gouvernement a-t-il vraiment la volonté de tourner cette page noire de notre histoire? Les Chambres extraordinaires vont-elles être rendre une justice théâtrale en jugeant seulement des morts?”, lance, l’œil noir, le lycéen, pour qui il est temps d’appeler à la barre “des hommes qui n’ont jamais eu pitié de leurs victimes”.

Yim Chark, un des enseignants encadrant le groupe, n’hésite pas à répondre aux questions de ses élèves, et à partager ses souvenirs. Il leur explique que ce qu’ils découvrent dans ce centre n’est qu’un exemple de la barbarie des Khmers rouges, qui s’est illustrée dans tous les coins du royaume. “Ils s’intéressent à la question. C’est la première fois qu’ils sont confrontés à une visite de ce genre”, souligne le professeur, qui reconnaît les lacunes dans le programme d’histoire actuel. Ung Chamrœun, article CAMBODGE SOIR

 

5 ans de guerre en Irak, c'est 350 ans du budget du Cambodge

Les députés Cambodgiens viennent d'adopter le Budget 2007. Il sera de 1,2 milliards de dollars dont la moitié provenant de l'aide internationale.

Pour faire des comparaisons, voici ce que dit le journal L'Economiste sur la guerre en Irak :
" Le coût de la guerre en Irak pour l’année budgétaire 2007 qui a débuté en octobre devrait dépasser 110 milliards de dollars, a indiqué mardi 19 décembre Rob Portman, directeur du bureau du budget de la Maison-Blanche (OMB). ...
Selon des calculs de l’AFP fondés sur les estimations de deux organismes officiels du Congrès américain, le coût de la guerre en Irak, lancée en mars 2003, s’élevait à 290 milliards de dollars à la fin de l’année fiscale 2006 (close le 30 septembre dernier), dont 254 milliards de coûts militaires, dans un rapport daté du 22 septembre. L’organisme de recherches du Congrès (Congressional Research Service) évalue ce montant à 319 milliards, précisant que cela représente 73% des dépenses de la «guerre contre le terrorisme» engagée à la suite des attentats du 11 septembre 2001."
Si l'on ajoute donc les 319 milliards correspondant aux dépenses 2003 - 2006 aux 110 de 2007, on obtient 429 milliards. On ne parle pas ici de l'année 2008 ni de l'augmentation des effectifs que george buche a promis hier. En l'état actuel des choses et si la guerre s'arrêtait fin 2007, l'administration buche aura dépensé en Irak l'équivalent de 350 ans du budget du Cambodge. Ou en d'autres termes, 54 jours de l'aventure buchienne en Irak, c'est une année du budget d'un pays de 11 millions d'habitants : les écoles, les hôpitaux, les routes, les postes (ça tombe bien yena quasiment pas), les salaires des fonctionnaires, l'armée, la police, les ministères, etc.

Rassurez vous on peut aussi faire des comparaisons autres que celles, faciles, relatives à ce pauvre buche :
Les droits TV de la coupe du monde 2006 s'élevaient exactement à 1,2 milliards de USD, le budget d'un an au Cambodge.
Cette même somme, c'est aussi le chiffre d'affaires du Parc EuroDisney pour une année. Imaginez que l'argent dépensé par la compagnie Disney sur ce petit périmètre : électricité, investissement, salaires, publicité équivaut à ce qu'a le gouvernement Cambodgien pour faire tourner tout un pays de 11 millions d'habitants, grand comme le tiers de la France. Les postes budgétaires sont les mêmes, Disneyland est un petit pays, après tout.

Notre but n'est pas de fustiger ni de culpabiliser. Il faut regarder la coupe du monde et s'amuser à Disneyland mais c'est d'expliquer que lorsqu'on dit : "Mais bon sang, que fait le gouvernement cambodgien?", hé bien même s'il n'était pas corrompu, il ne pourrait pas faire grand chose, car il n'a tout simplement pas d'argent.
Maintenant lorsque vous entendrez "1,2 milliards de dollars ou un peu moins d'un milliard d'Euro" lors du bulletin d'informations, vous saurez que cela peut aussi correspondre au budget d'un pays de 11 millions d'habitants.

22 décembre 2006

 

Cet article de Cambodge Soir explique encore un peu les mécanismes économiques liés au commerce du riz

Politique

Prix du riz : Hun Sen critique l’opposition

Hier, en déplacement dans la province de Battambang pour l’inauguration d’un orphelinat, le Premier ministre Hun Sen a regretté que les parlementaires de l’opposition dénoncent dans leur propagande la cherté du riz. “Ils disent que cela pose des problèmes aux ouvriers, aux fonctionnaires, aux militaires et aux habitants des centres urbains. Ils disent qu’il faut manifester pour faire baisser le prix du riz”, a remarqué le chef du gouvernement. Mais, pour lui, tout cela n’est que de la rhétorique politicienne. Car, a-t-il ajouté, “quand le riz est trop cher, ils appellent les citadins à manifester et, quand le prix du riz est trop faible, alors c’est vers les paysans qu’ils se tournent pour les encourager à contester.” Selon lui, la maîtrise des cours du riz passe par la création d’une organisation régionale des pays exportateurs de riz, sur le modèle de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qui fixe le prix de l’or noir, une idée qu’il a évoquée avec le Premier ministre viêtnamien lors de la visite de ce dernier lundi. “Le Viêt-nam exporte entre 4,5 et 5 millions de tonnes de riz chaque année, la Thaïlande entre 5 et 6 millions de tonnes, la Birmanie et le Laos 1 million de tonnes chacun et nous devrions pouvoir en exporter 2 millions de tonnes. Cela représente 50% de la demande mondiale. En réunissant ces pays dans une organisation commune, nous pourrions maîtriser les cours”, a jugé Hun Sen.

Sam Rainsy a estimé que son parti n’est nullement concerné par les critiques du Premier ministre. “Ce sont les paysans eux-mêmes qui se plaignent. Ils constatent qu’ils vendent leur production à bas prix mais que tous les produits dont ils ont besoin pour travailler, comme les engrais ou les carburants, sont chers. D’après des spécialistes, les paysans sont les victimes des intermédiaires qui poussent les cours à la baisse lorsqu'ils s’approvisionnent auprès d’eux”, remarque Sam Rainsy. Et pour le dirigeant d’opposition, il revient au gouvernement de mettre en place des mécanismes de régulation du marché qui permettent aux paysans d’écouler leur production “à un prix raisonnable”. Sam Rainsy dénonce par ailleurs des “monopoles” dans la distribution de certains produits, lesquels maintiennent volontairement des prix élevés, au détriment des paysans.

Kong Sothanarith

20 décembre 2006

 

Faut il marchander en Asie du Sud Est?

A l'instar de notre "faut il donner aux mendiants?", ce petit éclairage a pour vocation de susciter la réflexion, voire la discussion (au sein du Club Sre Ambel de la Pro' par exemple). On ne fait pas la morale.
Les pays d'Asie du Sud Est n'ont pas la même tradition de marchandage que celle qui est supposée être liée au pays Arabe. Ainsi, si vous ne marchandez pas, on ne sera pas choqué et on ne vous prendra non plus pour un naïf. D'ailleurs, traditionnellement, les gens riches ne marchandaient jamais même si le prix qu'on leur demandait étaient supérieurs à celui des autres. C'est une manière de redistribuer les richesses dans une région où l'impôt sur le revenu est faible et surtout un moyen de parader en montrant qu'on fait partie d'une classe sociale supérieure.
De nos jours, le marchandage ne se pratique presque plus car il y a de moins en moins d'espaces pour ce faire. Que ce soit à Carrefour en Thaïlande (prix affichés bien sûr) ou au marché du coin au Cambodge (prix des denrées bien connus), on ne marchande pas.

Maintenant évoquons le mythe qui veut que les indigènes tenteraient d'escroquer le touriste occidental.
Cela ne peut pas avoir lieu dans les endroit cités ci dessus : lorsque vous faites le plein chez Total, vous payez ce que montre le distributeur, point barre.
Cela ne survient jamais lorsque vous achetez à des gens qui n'ont pas l'habitude de voir des étrangers : ils n'auront pas le réflexe de majorer et vous paierez le prix normal.
En revanche cela peut arriver dans les endroits extrêmement touristiques et dans certains marchés où vous pouvez négocier les prix si vous achetez beaucoup chez la même personne.

En ce qui concerne les endroits très touristiques, dans la mesure du possible, il faudrait ne pas à y avoir à faire des achats car la situation elle même force des gens, par ailleurs normaux, à se comporter comme des rapaces et à tenter de gagner le plus possible de votre rencontre, à s'humilier donc en tentant de vous abuser. Si vraiment, on doit acheter dans ces conditions alors il vaut mieux connaître les prix habituels et essayer de ne payer que ces sommes là et rien de plus. Si on ne connaît pas les prix normaux, on peut bien sûr négocier sur la base de "c'est tous des voleurs" ou bien se laisser un peu abuser en se disant qu'on est en vacances.
Pour donner un exemple : vous visitez les temples d'Angkor et vous avez soif, une nuée d'enfants vous propose un Coca glacé à un dollar, voire plus. "Horreur et putréfaction!" allez vous hurler, c'est 2 ou 3 fois le prix que je l'aurais payé en ville. Alors négociez ou bien payez tout en vous disant que : 1- ces trois sous iront dans une famille pauvre, 2- combien auriez vous payé le même Coca au château de Versailles? 3- Pour éviter ça, il fallait apporter votre Coca.

Lors d'éventuelles négociation dans un "marché à touristes", parler trois mots de la langue, c'est une facture allégée de 20%.

En ce qui concerne les "achats en gros", bien sûr il faut négocier comme on négocie partout dans le monde. Cependant il ne faut pas croire que le commerçant ait une marge si énorme. On en arrive alors au paradoxe que certains occidentaux particulièrement pénibles et arrogants vont marchander et parvenir à payer moins cher que les locaux. Ces touristes là vont même raconter fièrement leurs exploits! Combien de fois avons nous entendu :" Il m'a vu venir avec sa camelote, mais on ne me la fait pas, à moi, j'ai déjà fait Marrakech et Louxor, moi! Ah! Je lui ai bien fait baisser son prix de 75%". Finalement, on oublie que le vendeur est un type, ou plus souvent une femme, qui a une famille à nourrir. On est loin de l'archétype du riche Chinois usurier qui exploite tout le monde.
Partout il y a la concurrence, donc si vous sentez que la somme qu'on vous demande est exagérée, passez à la boutique suivante.

Nous ne voulons pas dire qu'il ne faut pas marchander, nous prétendons qu'il y a une fourchette de prix acceptable (lorsqu'il n'est pas affiché). A l'intérieur de cette fourchette, on peut concilier le revenu du vendeur et l'économie de l'acheteur.
Lorsque l'association fait des achats, elle se souvient que les vendeurs travaillent et par conséquent méritent salaire tout autant que les personnes dans le besoin - assistées méritent qu'on les aide. Cela ne nous empêche d'obtenir les meilleurs prix du marché. Sans doute car nous sommes d'ici, que nous avons des relations d'amitié avec les vendeurs et que nous parlons les langues.
D'ailleurs vous le savez bien puisque, in fine, nos prix de vente sont inférieurs, et de loin, à ceux pratiqués en France pour les mêmes objets.

 

La moisson vient de se terminer

La moisson vient de se terminer, c'est la récolte de riz de l'année. A raison de 2.5 kg par jour pour les repas de la famille, ce n'est pas toujours suffisant pour rallier l'année suivante. C'est encore du paddy. On en décortique quelques sacs au fur et à mesure.
Il faut, par ailleurs, en garder pour servir de semence le moment venu. Il s'agit là de la famille de Sok - Yon, très nombreuse mais avec quelques terre tout de même.
Pour une famille comme celle ci, vendre son riz est toujours une mauvaise affaire car on s'en sépare à vil prix, l'argent retiré file vite et il faudra racheter plus tard. Donc on fait en sorte de le garder. Comme on le voit sur la photo, dans des sacs en plastique, le riz devrait ne pas trop souffrir de la pluie et des animaux.
Rappelons que, contrairement à la province de Battambang ou aux autres pays de la zone, qui en font deux, il n'y qu'une récolte de riz par an à Sre Ambel. Il semble qu'on ne puisse pas faire autrement...
Les familles qui n'ont pas de rizières n'ont pas de problème de stockage mais doivent trouver chaque jour de quoi acheter le fameux riz.

 

Siem Reap, Le tourisme profite très peu aux pauvres

Le tourisme est devenu au cours de la décennie passée un des secteurs les plus lucratifs de l’économie cambodgienne, mais les immenses bénéfices que le pays en tire profitent encore trop peu aux pauvres. Avec 566 444 emplois, ce secteur embauchait 8,3% de la main d’œuvre du pays en 2004, et constituait le deuxième moteur de la croissance derrière la confection textile avec 11% du PIB, contre 8,2% en 2003. Son poids dans l’économie augmente d’année en année en même temps que le nombre de visiteurs étrangers, passé de 561 000 en 2004 à 653 500 en novembre 2006 pour la seule province de Siem Reap.

Mais derrière cette “success story” cambodgienne se cache une réalité bien plus sombre, explique une étude du Cambodian Resource Institute Development (CDRI) sur l’impact du tourisme sur le niveau de vie des habitants de la province de Siem Reap. Selon une enquête menée auprès de 506 foyers dans 8 villages situés dans la périphérie des temples, un tiers des actifs travaillent dans le tourisme, et 47% des revenus des foyers proviennent de ce secteur. Malgré cette très forte dépendance au tourisme, la province continue d’être la troisième plus pauvre du pays, avec 51,8% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, la moyenne nationale s’établissant à 35%.

Si le tourisme est l’un des secteurs les plus prometteurs pour lutter contre la pauvreté, il a donc pour l’heure échoué à améliorer de façon conséquente le niveau de vie de la plupart des habitants de la province la plus visitée du pays. Les foyers les plus pauvres sont les plus dépendants du tourisme (49% des revenus), mais ce sont eux qui en profitent le moins. Les foyers “non pauvres” gagnent ainsi 775 dollars par an grâce au tourisme, tandis que les pauvres parviennent à peine à glaner 385,75 dollars. Si les pauvres sont les plus représentés dans les emplois liés au tourisme, ils gagnent seulement de quoi subvenir à leurs besoins quotidiens. Certes, la moitié des foyers interrogés estiment ainsi que leur niveau de vie s’est amélioré entre 2002 et 2006 grâce à l’augmentation de leurs revenus, un meilleur logement, l’augmentation du prix de la terre et du nombre d’actifs par famille, autant de facteurs liés au développement du tourisme. Mais dans le même temps, 22% estiment s’être appauvris pour des raisons essentiellement familiales, signe que le tourisme n’a pas suffi à les sortir de leur précarité.

Exemple de cette fragilité des plus démunis : le tourisme a eu un impact important sur le prix de la terre. Selon l’étude, 33% des foyers interrogés ont vendu des terres agricoles, et 16% des terrains habitables. Si cette spéculation en a enrichi certains, les plus pauvres ont souvent vendu leurs terres trop tôt, et ont dépensé l’argent pour leurs besoins, ce qui a conduit la plupart d’entre eux à tomber dans une précarité plus grande encore, explique l’organisation.

L’étude du CDRI cite plusieurs obstacles qui empêchent les pauvres de profiter pleinement du tourisme : le manque d’éducation et de capital, la faiblesse de la structure familiale ou encore du réseau social. L’organisation suggère donc de diversifier les attractions touristiques pour en faire profiter les communautés locales, et d’améliorer les liens entre l’agriculture, dont dépendent encore plus de 40% des villageois interrogés, et le marché du tourisme. Elle invite enfin les autorités à diversifier les activités liées au tourisme, en créant par exemple près du Phsar Chas un marché de nuit qui serait réservé aux plus démunis.

SoS et KyS

18 décembre 2006

 

Les députés examinent un projet de loi contre l’alcool au volant

Sécurité routière

Chaque jour, trois personnes meurent dans un accident de la route. Vingt autres sont blessées, dont certaines resteront handicapées à vie. L’insécurité routière est la deuxième cause de mortalité au Cambodge, juste après le sida et avant les mines. Et ces chiffres ne cessent de croître: alors qu’en dix ans le nombre de voitures a été multiplié par vingt-cinq et celui de motos par dix, les accidents ont augmenté en moyenne, chaque année, de 15 %, entre 2000 et 2005.

Afin d’inverser cette tendance, le ministère des Transports et des Travaux publics a élaboré un projet de loi sur la circulation routière, présenté vendredi aux députés et dont l’examen se poursuit aujourd’hui.

Première mesure phare : l’interdiction, assortie de sanctions pénales, de conduire en état d’ébriété.

Les conducteurs n’auront également plus le droit d’utiliser leur téléphone en route, sauf s’ils disposent d’un kit “mains-libres”, avec des écouteurs.

Les automobilistes et le passager avant des véhicules quatre roues devront obligatoirement attacher leur ceinture de sécurité. De même, un enfant de moins de dix ans ne pourra être installé sur le siège avant d’un véhicule, sauf s’il est assis avec un adulte et qu’ils sont tous deux attachés par une ceinture de sécurité, précise le projet de loi.

Ce texte prévoit enfin des sanctions lourdes à l’égard du conducteur reconnu responsable d’un accident. S’il a provoqué un accident ayant causé des blessures, un handicap à vie ou un décès, même involontairement, celui-ci s’expose à une peine d’emprisonnement pouvant aller d’un à trois ans et au versement d’une amende de 500 à 1 500 dollars, selon la gravité des faits.

Pour le ministre des Transports, Sun Chanthol, une telle rigueur s’impose alors que le Cambodge est la lanterne rouge de la région dans le domaine de la sécurité routière. En 2005, le royaume enregistrait encore l’un des taux de mortalité par accident de la route les plus élevés de l’Asean, avec 15 décès pour 10 000 véhicules enregistrés. A titre de comparaison, le taux viêtnamien, la même année, était de 10 morts/10 000 véhicules; en Thaïlande, 5; et 2,9 à Singapour. L’insécurité routière au Cambodge est donc encore bien au-dessus des objectifs fixés par l’Asean en 2004, visant à atteindre un taux inférieur à 10 décès pour 10 000 véhicules. D’ici 2010, rappelait Sun Chanthol vendredi, ce taux devra descendre autour de 4 à 5 / 10 000, et en 2020 de 2 / 10 000.

Le député PSR Son Chhay a pour sa part insisté sur la nécessité de mieux contrôler la délivrance des permis de conduire, que l’on peut encore acheter, par voie non officielle, sans même avoir suivi une formation.

En déplacement à Kandal samedi, le Premier ministre Hun Sen a également livré sa petite phrase sur le sujet, s’interrogeant sur les mœurs “bizarres” de ses concitoyens : “Au Cambodge, c’est curieux, on boit avant de faire une course de motos ou de voiture. Alors qu’à l’étranger, on fait d’abord une course de Formule 1 et ce n’est qu’après qu’on boit!”

Ky Soklim

 

Les femmes du Roi-père Norodom Sihanouk

Dans un message, le roi-père Norodom Sihanouk écrit, toujours depuis Pékin, que grâce à Norodom Ranariddh, “tout le monde sait, au Cambodge, que j’avais eu 6 femmes et d’innombrables maîtresses”. Et Norodom Sihanouk de donner le détail de ses mariages et des enfants nés de ces unions. Et il conclut “ Pour ce qui concerne mes maîtresses, je me rappelle leurs noms respectifs et nombre exact... le bilan est modeste par rapport aux succès remportés par mon auguste Père : près de 200”.
Il raconte ensuite l'anecdote suivante (Norodom Sihanouk écrit naturellement en français) : "Certaines personnes ne savaient pas qui était cette Neak Moneang Thach que récemment j'ai mentionnée parmi les moneangs (concubines) d'antan. A son sujet, voici les "indications" nécessaires et suffisantes :
1- Mlle Thach, issue de parents fort honorables, appartenant à la haute bourgeoisie Khmère, avait été "offerte" par ces parents à SM le roi Sisowath Monivong, mon grand père maternel, pour faire partie du harem royal. Thach avait 3 soeurs aînées qui, avant,t elle, avaient déjà été offertes au Roi Preah Monivong.
Comme, d'une part, Sa majesté possédait déjà un important harem (une soixantaine de dames) et d'autre part, trouvait Thach trop jeune pour être "consommée", Thach restait vierge.
2- A mon avènement, en 1941, le résident supérieur (représentant de l'autorité coloniale française) ordonna "l'évacuation" du Palais Royal de toutes ces Dames.
Mlle Thach, en me voyant, tomba amoureuse de moi. Elle faisait tout pour retarder son évacuation du palais Royal. Chaque matin, elle ne manquait jamais d'assister, souriante et coquette, à ma course quotidienne, à pieds, avec mon professeur de gymnastique (M. Muller, un Français d'Alsace). Non amoureux mais ayant pitié pour elle, je décidai de faire de Thach, après Kanhol (la princesse ballerine du palais royal), une "neack maneang'"
3- Au bout d'un an et quelques mois, j'ai "rendu sa liberté" à Thach, qui trouva sans difficulté un gentleman khmer (non noble mais aisé) pour la dorloter."
Norodom Sihanouk, Beijing, le 14 décembre 2006.

Lorsque Sihanouk ne sera plus sur cette terre, nous regretterons ses souvenirs racontés sans langue de bois. Il a été le témoin vivant et concerné au premier chef de l'évolution des moeurs. Son prédécesseur avait un harem, lui même "seulement" de nombreuses épouses et concubines, son fils Ranaridh marié à une seule femme a des ennuis lorsqu'il la trompe et son autre fils Sihamoni, le roi actuel, est un "célibataire endurci".
Il est bon de souligner que les Khmers sont traditionnellement monogames mais que les hommes d'âge mûr avaient l'habitude de prendre des maitresses plus jeunes si leurs moyens le leur permettaient, sans pour autant répudier leurs femmes légitimes. Cette pratique est illégale depuis quelques mois.

17 décembre 2006

 

N'oubliez pas le 21 à la Pro'

Vous avez été très nombreux lors de nos ventes des 10, 16 et 17 décembre à Champs sur Marne.
Merci! Mais il ne faut pas relâcher l'effort avant les congés - bien mérités- de Noël.
Jeudi 21, à l'Institution de la Providence, à Vincennes, venez et achetez. Même si vous ne le faites pas pour nos amis du Cambodge, faites le pour vous même : de bien jolis objets moins cher qu'en ville! Et des idées originales et de bon goût.

14 décembre 2006

 

Rhy aussi étudie

Rhy, c'est la grande soeur de Rath. Elle a 19 ans maintenant. Elle prend des cours de Thai car elle vit dans la ville frontière avec la Thailande, Poipet. C'est là que l'on trouve les meilleurs salaires relatifs du Cambodge si l'on a la chance d'être embauché par une entreprise Thaie, soit côté cambodgien, soit côté Thai. En effet, les Cambodgiens ont le droit de traverser la frontière chaque matin pour travailler dans le pays voisin dans un périmètre de 500 mètres. Ils doivent rentrer au Cambodge le soir. Un travail moyennement spécialisé peut y être rétribué 100 US$ ou 100 €. Ceux qui font preuve de davantage de compétences, d'ancienneté et de débrouillardise peuvent gagner jusqu'à 200 US$ ou 200 €. C'est 10 fois plus qu'un instituteur, 3 à 5 fois plus qu'une ouvrière du textile dans des conditions de travail bien moins pénibles. Encourageons donc Rhy à parler, lire et écrire le Thai.

 

Lancement de tests d'une molécule contre la transmission du VIH à l'enfant

Santé


L'Institut Pasteur, en étroite coopération avec la maternité de Calmette, les ONG et les associations de personnes qui vivent avec le VIH, s'apprête à lancer une campagne de tests d'une nouvelle molécule sur des mères séropositives cambodgiennes. “Réduire la transmission du VIH de la mère à l’enfant est une priorité majeure de santé publique dans les pays du Sud. Le projet TEmAA répond à cette nécessité”, explique le Dr Eric Nerrienet de l’Institut Pasteur du Cambodge, l’un des deux “investigateurs” chargés de lancer l’opération dans le royaume.

Dès progrès considérables avaient déjà été obtenus grâce à l’administration d’une dose de Névirapine à la femme enceinte et au nouveau-né. Cette molécule, efficace et peu coûteuse , est utilisée dans de nombreux pays mais s’est révélée susceptible d’induire des mutations de résistance chez certains patients. Ceux-ci ne peuvent alors plus bénéficier du traitement anti-viral donné ultérieurement. Face aux problèmes de la Névirapine, la nouvelle molécule, la Truvada, pourrait répondre aux mêmes caractéristiques, être tout aussi efficace mais sans induire de résistances. L’objectif du projet TEmAA, promu par l’ANRS, l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida et les Hépatites virales, a pour objectif la validation, ou pas, de cette hypothèse.

“Des études similaires sont actuellement menées en Côte d’Ivoire, en Afrique du Sud et aux Etats Unis. Truvada est une combinaison de deux molécules, recommandée par l’OMS dans le traitement du sida chez l’adulte” explique Eric Nerrienet. 24 “couples” mère enfant doivent tester le médicament. Face aux insuiétudes d'ONG comme Women Agenda for Change qui s'inquiétait d'éventuels effets secondaires, le médecin admet que “toute molécule a des effets secondaires. Le Truvada n’échappe pas à la règle. Mais c’est le bénéfice entre efficacité et effets secondaires qui compte. En une mono dose, le risque est quand même limité. Mais on ne peut pas le négliger”.

Grâce à la collaboration de la maternité de Calmette, les femmes enceintes qui répondent aux divers critères de sélection se verront exposer le projet TEmAA. Elles seront libres de décider si elles acceptent ou pas de se porter volontaires, en conformité avec les règles d’éthique. “Ce projet , qui a reçu l’agrément des différents comités nationaux d’éthique dans les pays où il se déroule est régulièrement discuté avec les associations de personnes vivant avec le VIH de ces mêmes pays” confirme Eric Nerrienet. Et quant à l’implantation du projet au Cambodge, le Dr donne une explication claire et construite. “L’épidémie se trouve dans les pays du Sud. Les virus qui circulent ici sont différents de ceux que l’on trouve aux Etats Unis ou dans les pays européens. En effectuant les tests au Cambodge nous participons aussi à la formation des médecins, des sages-femmes,des pédiatres... Et si ces tests se révèlent satisfaisants, ce personnel qualifié sera important le jour où un essai d’efficacité de grande envergure sera lancé. Toutes les structures seront déjà en place.”

Julie Dao Duy

et Ung Chansophea

 

Jeux d'Asie, La délégation cambodgienne rentre une nouvelle fois bredouille


Privée de médailles aux Jeux d’Asie depuis 36 ans, la délégation cambodgienne est une nouvelle fois rentrée bredouille de la 15e édition de cette manifestation quadriennale organisée cette année à Doha, au Qatar. La cérémonie de clôture n’aura lieu que demain, mais la plupart des athlètes du royaume sont déjà rentrés à la maison, et les dernières chances de podium avec eux. Certains voisins s’en sont beaucoup mieux sortis : La Thaïlande, 5e sur 45 participants avec 45 médailles dont 5 d’or, la Malaisie, 12e (30, dont 5 d’or), Singapour, 16e (20, dont 5 d’or), le Viêt-nam, 18e (18, dont 2 d’or), les Philippines, 19e (16, dont 2 d’or), l’Indonésie, 21e (15, dont 2 d’or) et la Birmanie, 27e (7, dont aucune d’or). La compétition a été remportée haut la main par la Chine qui a amassé pas moins de 271 médailles dont 137 d’or, suivie par la Corée et le Japon.

La dernière médaille cambodgienne aux jeux d’Asie remonte à 1970, quand deux boxeurs avaient ramené l’argent, un nageur le bronze, de même que l’équipe féminine de volley-ball. Disparu de la compétition à partir des années 70, le royaume y était réapparu en 1994, à Hiroshima. La délégation, qui comptait cette année 17 athlètes, concourrait dans sept disciplines : lutte, taekwendo, judo, natation, athlétisme, beach volley et billard snooker. Seules les équipes de beach volley et de taekwendo sont encore en lice.

“Notre performance est très loin de celle des autres pays d’Asie”, reconnaît Chhun Leng, un des administrateurs du Comité national olympique du Cambodge, avant de pointer du doigt les défaillances de la préparation des athlètes, à ses yeux complètement dépassée. “L’idée de regrouper tous les athlètes en un même lieu et de leur faire prendre leur repas en commun, comme nous l’avons toujours fait, est passée de mode. D’autant plus que nous n’avons pas les fonds nécessaires. Nos voisins financent leur préparation grâce aux sponsors privés, c’est beaucoup plus souple...”, explique-t-il.

Hem Thon, secrétaire général de la Fédération de natation, souligne lui aussi l’inadaptation des sportifs du royaume. Evoquant l’éternel modèle du Sangkum Reastr Niyum, il rappelle l’importance de lieux d’entraînement adéquats, d’un régime alimentaire adapté et de salaires décents pour les sportifs. Selon lui, la méthode de “regroupement” telle que la pratique aujourd’hui le royaume, n’est pas au niveau de ce qui se faisait sous le Sangkum, et ne répond pas davantage aux exigences du sport moderne.

Nhim Sophal


06 décembre 2006

 

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04 décembre 2006

 

Et maintenant les nouveaux objets Khmers








Housses pour téléphone portable.
Marrantes, non?
Minuscule bourse en soie.
Jolie. Non?



Sac en soie de taille
moyenne. L'un est rayé et class'
L'autre est plus traditionnel.

Les célèbres Krama en soie
du Cambodge sont assez chers
mais de design uniques et
d'une beauté inégalée.

02 décembre 2006

 

D'où viennent nos objets d'artisanat?

On aimerait ne vendre que des trésors venant du Cambodge mais l'offre n'est pas suffisante en terme de diversité, qualité et prix. Si l'artisanat Cambodgien comblait nos voeux, donc les vôtres, donc ceux des tous les Français et des Occidentaux, les ventes seraient telles que le pays serait entièrement au travail et prospère. Il n'aurait par conséquent pas besoin de nous. Ainsi donc beaucoup de nos objets viennent de la Thaïlande voisine où l'on trouve des choses magnifiques, différenciées, de design moderne et à des prix raisonnables.
Bien évidemment, notre priorité va à l'artisanat Khmer. Ainsi, la moitié des sacs en soie et presque tous les kramas viennent du Cambodge. La soie reste le point fort de ce pays.
Les pipes à opium, les feng shui, les petites boîtes en forme d'animaux viennent du Cambodge mais ont été fabriqués au Vietnam.
Les pashminas et cachemire sont de l'artisanat népalais.
Tout le reste vient de Thaïlande. Il s'agit malgré tout d'artisanat et non d'industrie : soit des petites fabriques familiales, soit des coopératives villageoises appelées OTOP (un canton, un produit), initiative du gouvernement récemment renversé.
A l'évidence, en Thaïlande, pays développé, les employés sont des adultes normalement rémunérés mais même dans les trois autres pays, nous garantissons que nos fournisseurs remplissent les exigences du commerce équitable.
Petite anecdote, on trouve au Cambodge des crayons décorés au couleur du pays à des prix assez élevés. Rien d'étonnant, ils ont été fabriqués en Thaïlande.

 

Dina, ça y est elle parle anglais


Nous payons les frais annuels de l'inscription à son Université - Norton - et lui donnons une petite somme mensuelle (20 euros). Elle vit avec ses deux petits frères dont elle doit s'occuper.
Lorsque, son bac en poche, elle nous a annoncé qu'elle voulait faire de l'anglais, il y a deux ans et demi,on se disait qu'il y aurait du boulot.
Hé bien, du boulot, il y en a eu.
On n'a pas réussi à faire repousser son bras gauche (broyé dans une machine à fabriquer de la glace lorsqu'elle était petite) mais elle est toujours aussi jolie et ELLE PARLE ANGLAIS.
Maintenant se pose la question, valable aussi pour Map en informatique : que valent les études supérieures au Cambodge, même s'il s'agit de la meilleure université privée du pays? Sans doute pas suffisamment pour ne pas être inquiet.
Nous y reviendrons dans quelques mois.

 

Faut il donner aux mendiants?


Le humanitairement correct nous souffle : "Non, il ne faut jamais donner car il y a fort à parier qu'un réseau mafieux est caché derrière cette scène pitoyable et puis, c'est à nous grosses ONG de la capitale de prendre en charge les gens qui dorment dans la rue et enfin, si vous donnez une fois vous serez harcelés sans cesse par la suite."
Toujours est il que cette dame avec ces deux enfants -elles en auraient deux autres qui tendraient la main un peu plus loin- se trouvaient hier et avant hier, au même endroit, devant les hôtels et restaurants sur bord du fleuve à Phnom Penh. C'est d'ailleurs là qu'elle dormirait (ils y a en effet des centaines de personnes avec enfants dormant sur les trottoirs).
Nous avons un peu bavardé avec elle.
Non, dit elle, aucune ONG ne lui a proposé de l'aide. Hum... difficile à croire en un tel emplacement : là où les humanitaires occidentaux viennent se restaurer au volant de leur 4x4 et où les travailleurs sociaux locaux viennent prêcher la bonne parole. Qui sait?
Elle viendrait de la province de Preyveng, en effet très pauvre et son mari travaillerait comme tâcheron et ne pourrait donc subvenir au besoin de la famille.
Bon alors, faut il donner? Faut il donner aux infirmes et estropiés de tous poils qui vous poursuivent à Siem Reap?
Dans les endroits touristiques comme Phnom Penh ou Siem Reap, oui, il peut y avoir des réseaux de mendiants professionnels qui reversent ce qu'ils ont récolté à leur souteneur.
Cela signifie qu'il peut y avoir aussi des mendiants sincères à Phnom Penh et que les mendiants des petites villes ne sont pas pilotés par des bandits. Par leur famille, oui sans doute. Les enfants seuls mendient souvent pour nourrir leur famille.
C'est qu'ils veulent manger tous les jours, ces gens là!
Partant, on peut passer ces pauvres gens à la question et essayer de comprendre leur histoire, savoir s'ils vont faire un bon usage (un usage qui nous paraîtra rationnel) de la somme que nous leur attribueront dans notre immense générosité..
Et puis finalement, on peut donner, sans trop réfléchir, à l'instinct, avant que la migraine devant tant de problèmes existentiels ne nous gagne.
Oui, nous le confessons, nous avons donné plus d'un Euro à cette dame (tout ça? ben oui vous savez, on ne se refait pas) ; mais pour faire bonne mesure nous avions donné un coup de Paris Match roulé à un autre mendiant qui s'était montré trop agressif, pressant et entreprenant.
Ah mais!

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